Infection respiratoire dans les établissements de soins de longue durée et les maisons de retraite

Pour en savoir plus ou pour signaler une éclosion, téléphonez au 613-580-2424, poste 26325, pendant les heures d'ouverture normales.
Le soir, la fin de semaine et les jours fériés, téléphonez au 3-1-1 et demandez à parler à l'inspecteur en santé publique de garde.

Les éclosions d'infections respiratoires peuvent survenir dans les établissements de soins de longue durée et les maisons de retraite à tout moment de l'année. Elles sont coûteuses, perturbent le cours des activités et peuvent entraîner un taux élevé de morbidité et de mortalité. Les résidents des établissements de soins de longue durée et des maisons de retraite sont souvent âgés et peuvent être atteints de maladies chroniques qui affaiblissent leur système immunitaire, ce qui accroît leur risque de maladies et de complications graves. Les infections peuvent aussi se propager plus facilement dans ces milieux; il est donc essentiel de mettre en œuvre rapidement des mesures de contrôle. En effet, la détection précoce et la mise en œuvre rapide de mesures de contrôle sont cruciales pour prévenir la transmission de l'infection, et réduire ainsi la durée et les conséquences de l'éclosion.

Les ressources suivantes peuvent servir à détecter les éclosions de maladies respiratoires dans un établissement de soins de longue durée ou une maison de retraite, à les gérer et à mettre en œuvre les mesures de contrôle nécessaires.

Pour en savoir plus ou pour signaler une éclosion, téléphonez au 613-580-6744, poste 26325, pendant les heures d'ouverture normales ou, le soir, la fin de semaine et les jours fériés, téléphonez au 3-1-1 et demandez à parler à l'inspecteur en santé publique de garde.

Activités lors d'une éclosion

Lors d'une éclosion de maladies entériques et respiratoires, les établissements de soins de longue durée et les maisons de retraite doivent évaluer et modifier leurs activités afin de réduire le risque de transmission des infections chez les résidents et le personnel. Chaque éclosion est unique, raison pour laquelle l'enquêteur de Santé publique Ottawa (SPO) chargé de l'enquête sur l'éclosion dans votre établissement vous aidera à gérer l'éclosion et à évaluer vos activités.

Est-ce que toutes les activités doivent être annulées pendant une éclosion?
Non, mais certaines pourraient devoir l'être. Vous devez revoir votre liste des activités prévues pour évaluer si elles peuvent toujours avoir lieu en fonction de la probabilité de transmission de la maladie. Au besoin, vous pouvez modifier des activités pour limiter les risques.
Quels critères devons-nous utiliser pour évaluer si une activité peut avoir lieu durant une éclosion? 

Vous devez tenir compte de ce qui suit :

  • État de l'éclosion (nouvellement détectée ou sur le point d'être maîtrisée)
  • Type d'établissement
  • Type d'éclosion (de maladie respiratoire ou entérique)
  • Secteurs touchés par l'éclosion (nombre d'unités et d'étages, ou l'ensemble de l'établissement)
  • Type d'activité et risque de transmission par les objets ou l'air
  • Sources probables de l'exposition à la maladie (nourriture, surfaces, employés malades, visiteurs, etc.)
  • Efficacité des mesures de contrôle de l'éclosion en place
  • Type d'agent ou d'agents relevés
  • Nombre de résidents ou de membres du personnel touchés et exigeant une modification des activités
  • État de santé des résidents touchés
Les services de fournisseurs indépendants comme la physiothérapie, les soins des pieds ou les soins dentaires doivent-ils être annulés pendant une éclosion?
Il n'est pas toujours nécessaire d'annuler ce genre de services pendant une éclosion. Plusieurs critères doivent être pris en compte : l'état de l'éclosion, les types de services offerts, les secteurs de l'établissement touchés (des unités, des étages ou l'ensemble de l'établissement) et l'état de santé des personnes qui reçoivent ces services.
Qui peut participer aux activités pendant une éclosion?
Les résidents en santé (qui ne présentent aucun symptôme) peuvent participer aux activités où le risque de transmission de l'infection est faible.
Les résidents malades doivent être placés en isolement et ne peuvent pas participer aux activités de groupe, et ce, jusqu'à ce qu'ils ne présentent plus aucun risque pour les autres et qu'ils soient suffisamment en forme pour participer. Des activités individuelles peuvent être proposées aux résidents malades qui se sentent assez en forme. Tout objet utilisé dans le cadre d'une activité doit demeurer dans la chambre du résident malade ou être désinfecté ou jeté après usage. Les résidents malades doivent être incités à demeurer dans leur unité.

Le personnel et les bénévoles en santé peuvent participer aux activités tant qu'ils portent l'équipement de protection individuel approprié et qu'ils aient une bonne hygiène des mains.

Où peut-on tenir les activités pour les résidents en santé pendant une éclosion?
Les activités peuvent avoir lieu dans les unités et sur les étages non touchés. Seuls les résidents en santé peuvent y participer. Les événements prévus à l'extérieur de l'établissement doivent être reportés si l'éclosion touche l'ensemble de l'établissement. Si des résidents en santé participent à des activités hors de l'établissement, il faut veiller à nettoyer et à désinfecter les surfaces touchées très souvent dans les véhicules de transport, et ce, après chaque trajet.
Quel genre d'activités individuelles peuvent être proposées aux résidents en isolement qui se sentent assez en forme? 
Des activités qui demandent la manipulation d'objets pouvant être facilement désinfectés ou jetés après usage peuvent avoir lieu dans la chambre du résident.
Quel genre d'activités de groupe peuvent être offertes aux résidents en santé pendant une éclosion?
Des activités qui n'exigent pas de manipuler des objets, par exemple des rassemblements religieux, des chœurs, des chorales, le visionnement de films, des bricolages, des discussions en groupe ou des jeux-questionnaires. Il faut notamment tenir compte de la disposition des sièges (c'est-à-dire la distance entre les résidents et la position de ceux-ci) et faire un grand nettoyage des endroits où ces activités ont lieu. Les activités où les participants doivent manipuler des objets qui ne peuvent pas être désinfectés facilement devront probablement être modifiées en période d'éclosion. Voici quelques exemples d'activités devant possiblement être modifiées ou annulées : spectacles avec artistes invités, bingo, jeux de cartes, ateliers culinaires, jeux de société, jeux de poches, cours de conditionnement physique et séances de physiothérapie

La nourriture offerte pendant une activité doit être servie individuellement à chaque résident. Il faut éviter les buffets ou les comptoirs en libre-service, et mettre du désinfectant pour les mains à base d'alcool à la disposition des résidents avant et après les repas. En outre, les résidents ne doivent pas participer à la préparation des aliments pendant une éclosion.

Faut-il fermer la salle à manger pendant une éclosion?
Non. Le fait de manger les repas dans la salle à manger n'est pas considéré comme une activité. Il se peut que certains établissements fassent manger les résidents en santé sur un étage touché si cela est possible. Pendant une éclosion, tous les résidents doivent se laver les mains avant d'entrer dans la salle à manger. Par ailleurs, un service aux chambres est offert aux résidents malades en isolement.

Pour toute question, veuillez communiquer avec l'enquêteur de SPO chargé de l'enquête sur l'éclosion dans votre établissement au 613 580 6744, ou visitez SantePubliqueOttawa.ca.

Renseignements pour les visiteurs et membres de la famille en cas d'éclosion

Les éclosions de maladies arrivent parfois dans les établissements de santé, ce qui peut stresser les familles et le personnel. Le plus souvent, elles sont causées par des virus courants et accompagnées de symptômes gastro-intestinaux, comme la nausée, des vomissements ou de la diarrhée, ou respiratoires, tels que de la fièvre, de la toux ou des maux de gorge. Ces virus se propagent généralement d'une personne à une autre ou par le contact avec des surfaces contaminées, comme des objets ou de l'équipement. Pour la santé et le mieux-être de tous, il est donc important de prendre des mesures afin de limiter la propagation des infections aussi tôt que possible.

Recommandations pour freiner la propagation des maladies :

  • Suivez les recommandations de l'établissement quant au contrôle des éclosions et des infections.
  • N'entrez pas dans l'établissement si vous êtes malade.
  • Limitez votre visite à un seul résident, autant que possible.
  • Nettoyez-vous les mains souvent avec du savon liquide ou un désinfectant pour les mains à base d'alcool.
  • Nettoyez-vous les mains :
    • en entrant dans l'établissement et avant d'en sortir;
    • avant d'entrer dans la chambre du résident et après en être sorti;
    • avant de manger ou d'aider le résident à manger;
    • après être allé aux toilettes ou vous être mouché.
    • Faites-vous vacciner contre la grippe tous les ans.

Lavage des mains

  1. Mouillez-vous les mains à l'eau courante.
  2. Utilisez du savon liquide.
  3. Faites mousser le savon et frotter-vous les mains pendant au moins 15 secondes.
  4. Rincez-vous les mains.
  5. Sécher-vous les mains à l'aide d'une serviette ou d'un séchoir.
  6. Fermez le robinet avec la serviette ou votre manche.

Désinfection des mains

  1. Versez une petite quantité (de la taille d'un 25 ¢) de désinfectant à base d'alcool dans la paume.
  2. Frottez-vous les mains, paume contre paume.
  3. Frottez le dos de chaque main avec la paume et les doigts de l'autre.
  4. Frottez tout le tour des pouces.
  5. Frottez le bout des doigts de chaque main dans la paume de l'autre.
  6. Frottez-vous les mains jusqu'à ce qu'elles soient sèches (au moins 15 secondes).

Pour obtenir de plus amples renseignements, communiquez avec Santé publique Ottawa au 613 580 6744, ou visitez SantePubliqueOttawa.ca.

Ressources hygiène des mains

Les documents ci-dessous préparés par SPO contiennent de plus amples renseignements sur la prévention de la propagation des microbes.

Les documents ci-dessous existent dans d'autres formats que ceux indiqués; pour les recevoir, il suffit de communiquer avec Santé publique Ottawa au 613-580-6744 ou de cliquer sur demander de la documentation sur supports multiples.

Façon d'effectuer un écouvillonnage du nasopharynx

Le laboratoire a besoin d'un grand nombre d'organismes pour obtenir une culture de virus des voies respiratoires comme le virus respiratoire syncytial (VRS), le virus grippal de type A, le virus grippal de type B et le virus para-influenza.

  • Il est mieux de faire un écouvillonnage du nasopharynx dans les 24-48 heures suivant l'apparition des symptômes.
  • Un écouvillonnage du nasopharynx bien exécuté permettra d'obtenir un grand nombre d'organismes.

Façon d'effectuer un écouvillonnage

  1. b. Insérez un écouvillon sec dans une narine directement vers l'arrière (ET NON PAS vers le haut), le long de la base de la fosse nasale, jusqu'à ce qu'il atteigne la paroi postérieure du nasopharynxDemandez au résident de se moucher pour dégager ses voies nasales. Si le résident ne peut pas faire cette tâche essuyez les narines avec un coton-tige ou un mouchoir.
  2. Posez sur le flacon une étiquette sur laquelle sont indiqués le nom et la date de naissance du résident, ainsi que l'heure de l'écouvillonnage.
  3. Nettoyez-vous les mains. Mettez un masque, un dispositif de protection des yeux et des gants.
    1. La tête du résident étant en position neutre,
    2. Insérez un écouvillon sec dans une narine directement vers l'arrière (ET NON PAS vers le haut), le long de la base de la fosse nasale, jusqu'à ce qu'il atteigne la paroi postérieure du nasopharynx - qui se trouve généralement à mi-distance entre l'aile du nez et l'avant de l'oreille (à environ 4 à 6 cm/ 1,6 à 2,5 pouces);
    3. Faites doucement tourner l'écouvillon, puis laissez-le en place quelques secondes;
  4. Retirez l'écouvillon en prenant soin de ne pas toucher les côtés de la narine.
  5. Ouvrez le flacon et mettez-y l'écouvillon.
  6. Cassez l'écouvillon à la pliure et refermez le flacon.
  7. Placez le flacon dans la grande pochette intérieure accompagnant le sac en plastique pour matières contaminées.
  8. Enlevez les gants et nettoyez-vous les mains; enlevez le masque et nettoyez-vous les mains.
  9. Remplissez le formulaire de demande et placez-le dans la petite pochette extérieure du sac en plastique pour matières contaminées.
  10. Placez le sac en plastique pour matières contaminées dans un sac en papier ou à fermeture par pression et glissière propre.
  11. Réfrigérez l'échantillon.
  12. Nettoyez-vous les mains.
  13. Appelez Santé publique Ottawa au 613-580-6744, poste 26325, pour demander qu'on passe prendre un échantillon de nasopharynx pour le livrer au laboratoire.

NE confiez pas l'envoi de cet NE CONFIEZ PAS L'ENVOI DE CET ÉCHANTILLON À VOTRE SERVICE DE MESSAGERIE HABITUEL

Détection et déclaration d'une éclosion d'infection respiratoire dans les établissements de soins de longue durée et les maisons de retraite

Avez vous une éclosion d'infection respiratoire?

Il y a éclosion présumée d'infection respiratoire lorsqu'au moins:

  • Deux cas d’infection respiratoire aiguë se manifestent en 48 heures ou moins. Ces cas confirment l’existence d’un lien épidémiologique (p. ex. unité, étage);

OU

  • Un cas de grippe confirmé en laboratoire.

Il y a éclosion confirmé d'infection respiratoire lorsqu'au moins :

  • Deux cas d’infection respiratoire aiguë se manifestent en 48 heures ou moins. Ces cas confirment l’existence d’un lien épidémiologique (p. ex. unité, étage). L’un des deux cas doit être confirmé en laboratoire;

OU

  • Trois cas d’infection respiratoire aiguë (la confirmation du laboratoire n’est pas nécessaire) se manifestent en 48 heures ou moins. Ces cas confirment l’existence d’un lien épidémiologique (p. ex. unité, étage).

Définition de cas :

Parmi les signes ou les symptômes cliniquement compatibles qui se manifestent chez les personnes malades, on retrouve (liste non exhaustive) :

  • Infection des voies respiratoires supérieures (p. ex. rhume banal, pharyngite);
  • Écoulement nasal ou éternuements;
  • Nez bouché (c.-à-d. congestion);
  • Maux de gorge, enrouement ou difficulté à avaler;
  • Toux sèche;
  • Ganglions enflés ou douloureux au niveau du cou (c.-à-d. adénopathie cervicale);
  • Présence de fièvre / d’une température anormale chez le résident / le patient (absence de fièvre également possible);
  • Fatigue (c.-à-d. malaise);
  • Douleurs musculaires (c.-à-d. myalgie);
  • Perte d’appétit;
  • Maux de tête;
  • Frissons.

Si oui, déclaration à Santé publique Ottawa

Avisez Santé publique Ottawa (SPO) au 613-580-2424, poste 26325, entre 8 h 30 et 16 h 30, ou au 3-1-1, après les heures d'ouverture, pendant les fins de semaine et les jours fériés.

À la confirmation d'une éclosion d'infection respiratoire, télécopiez quotidiennement la Liste de cas d'infection respiratoire à SPO, au 613-580-9649, jusqu'à ce que cette dernière déclare l'éclosion terminée.

Déterminez l'agent pathogène

  • Prenez les prélèvements nasopharyngiens des résidents symptomatiques dans les 48 heures suivant l'apparition des symptômes respiratoires, selon les instructions de SPO;
  • Assurez-vous d'étiqueter les prélèvements et la réquisition avec deux identifiants (par ex. le nom et la date de naissance du résident);
  • Assurez-vous de réfrigérer les échantillons;
  • Contactez SPO pour ramasser et acheminer les prélèvements au laboratoire de Santé publique Ontario.

En œuvre immédiate des mesures de contrôle de l'éclosion

  • N'attendez pas la confirmation de l'identification de l'agent pathogène
  • Isolez les résidents malades;
  • Excluez le personnel malade;
  • Portez l'ÉPI approprié au moment de donner des soins aux résidents malades;
  • Rehaussez les mesures d'hygiène des mains (utilisez un produit d'hygiène à base d'alcool et de bonnes techniques de lavage des mains);
  • Avisez les partenaires internes et externes (y compris les bénévoles);
  • Avisez les membres du personnel de l'établissement;
  • Posez des affiches aux entrées de l'établissement et dans les unités touchées;
  • Augmentez le nettoyage et la désinfection de l'environnement (au moins deux fois par jour);
  • Annulez toutes les activités de l'unité/l'établissement, au besoin;
  • Discutez des transferts ou nouvelles admissions de résidents avec SPO;
  • Réduisez le nombre de bénévoles et de visiteurs au minimum;
  • Assurez une surveillance active pour les nouveaux cas et signalez tous les nouveaux cas sur la liste de cas quotidiennement à SPO.

Déclarer la fin d'une éclosion d'infection respiratoire

En consultation avec SPO, vous pouvez déclarer qu'une éclosion est terminée si aucun nouveau cas ne se manifeste huit jours après l'apparition des symptômes du dernier cas.

Une éclosion peut être déclarée terminée plus tôt, en consultation avec SPO.

Liste de cas d'infection respiratoire liés à une éclosion dans un établissement pour les résidents
Liste de cas d'infection respiratoire liés à une éclosion dans un établissement pour les résidents [PDF 163 Ko]
Liste de cas d'infection respiratoire liés à une éclosion chez le personnel

Liste de cas d'infection respiratoire liés à une éclosion chez le personnel [PDF 167 Ko]

Enseignes signalant une éclosion

Si possible, imprimez les affiches en couleur et postez, vers l'extérieur, à l'entrée principale et toutes les autres entrées publiques.

Cet établissement connaît présentement une éclosion [PDF 138 kb]

Utilisation d'antiviraux chez les résidents et le personnel durant une éclosion d'Influenza confirmée

 

Il existe actuellement deux médicaments antiviraux homologués au Canada qui peuvent être utilisés pour la prophylaxie ou le traitement de la grippe Influenza de types A et B : l'oseltamivir (Tamiflu) et le zanamivir (Ralenza). Ces médicaments sont des inhibiteurs de la neuraminidase qui ont pour fonction d'empêcher  la libération du virus de la grippe qui se retrouve fixé sur les cellules respiratoires, prévenant ainsi sa réplication ultérieure. Pour cette raison, lorsque des antiviraux sont utilisés pour le traitement de l'Influenza, il est important qu'ils soient administrés dès que possible, c'est-à- dire, dans les 48 heures qui suivent l'apparition des symptômes.

Santé publique Ottawa (SPO) recommande l'oseltamivir comme médicament privilégié pour le traitement et la prophylaxie de l'Influenza chez les résidents des foyers de soins de longue durée pour les raisons suivantes :

  • Le zanamivir ne s'est pas révélé efficace pour la prophylaxie contre l'Influenza lorsqu'il est utilisé dans des foyers de soins de longue durée;
  • Les personnes âgées peuvent éprouver de la difficulté à inhaler le zanamivir;
  • Le zanamivir n'est pas recommandé pour le traitement ou la prophylaxie de l'Influenza chez les personnes atteintes de troubles respiratoires sous-jacents tels que la maladie pulmonaire obstructive chronique ou l'asthme en raison du risque de bronchospasme;
  • Les résidents sont admissibles à un remboursement du zanamivir seulement si la souche principale en circulation est résistante à l'oseltamivir.

Prise en charge du personnel

Il est important que les membres du personnel soient informés à l'embauche des dispositions de la politique de leur établissement ou de leur convention collective concernant l'Influenza ainsi que des options qui leur sont offertes en cas d'éclosion d'Influenza s'ils ne sont pas immunisés pour une raison quelconque.

Lorsqu'une éclosion de grippe Influenza a lieu, les membres du personnel sont responsables d'obtenir des ordonnances pour médicaments antiviraux provenant de leur propre fournisseur de soins de santé et d'acquitter eux-mêmes les frais liés à l'achat de ces médicaments, sauf s'ils sont couverts par une compagnie de régime d'assurance collective ou un régime privé d'assurance-maladie. Les travailleurs de la santé ne sont en aucun cas admissibles à des prestations pharmaceutiques du Programme de médicaments de l'Ontario (PMO). Dans certaines situations très précises, les travailleurs de la santé immunisés peuvent être admissibles à un remboursement par l'entremise du Fonds d'aide à la prestation de soins spéciaux (FAPSS).

Pendant une éclosion de grippe Influenza confirmée en laboratoire, lorsque le vaccin accessible n'est pas parfaitement adapté à la souche en circulation, une prophylaxie antivirale doit être offerte à tous les membres du personnel jusqu'à la fin de l'éclosion, qu'ils soient vaccinés ou non et suite à une consultation avec SPO.

Personnel vacciné

  • Les membres du personnel vaccinés deux semaines ou plus avant la déclaration de l'éclosion, que ce soit avec un vaccin antigrippal inactivé ou un vaccin vivant atténué contre l'influenza (VVAI), ne se voient imposer aucune restriction au travail, à condition qu'ils n'éprouvent aucun symptôme;
  • Les membres du personnel qui ont été vaccinés avec un vaccin antigrippal inactivé deux semaines ou moins avant la déclaration de l'éclosion doivent se soumettre à un traitement prophylactique antiviral jusqu'à ce qu'ils soient immunisés ou jusqu'à ce que la fin de l'éclosion soit déclarée, selon la première éventualité;
  • Les membres du personnel vaccinés deux semaines ou moins au moyen d'un VVAI (Flumist) avant la déclaration de l'éclosion ne doivent pas être soumis à un traitement antiviral ou à une prophylaxie pendant au moins deux semaines après l'administration du vaccin, sauf en cas d'indication médicale, afin que les agents antiviraux ne tuent pas le virus à réplication dans le vaccin administré. Si les agents antiviraux sont administrés à l'intérieur de ce délai, une nouvelle vaccination doit immédiatement avoir lieu au moyen d'un vaccin antigrippal inactivé.

Personnel non vacciné

  • Le vaccin doit être offert aux membres du personnel non vaccinés; ceux-ci doivent en outre se soumettre à un traitement prophylactique antiviral jusqu'à ce qu'ils soient immunisés ou jusqu'à ce que la fin de l'éclosion soit déclarée, selon la première éventualité;
  • Les membres du personnel non vaccinés qui refusent d'être vaccinés doivent se soumettre à un traitement prophylactique antiviral jusqu'à ce que la fin de l'éclosion soit déclarée; ils peuvent entrer en contact avec les résidents dès le début de la prise du traitement de  prophylaxie antivirale;
  • Les membres du personnel qui acceptent d'être vaccinés et qui refusent la médication antivirale ne doivent PAS travailler dans la zone touchée par l'éclosion pendant une période de deux semaines. Avant d'être réaffectés dans une autre unité, ils doivent être asymptomatiques depuis 72 heures (3 jours);
  • En Ontario, le vaccin Flumist subventionné par le régime public ne peut être administré qu'aux enfants de 2 à 17 ans. Si un membre du personnel ou un résident choisit de recevoir le vaccin Flumist dans une clinique privée, le VVAI (Flumist) ne peut lui être administré que 48 heures après la fin du traitement antiviral ou la fin de la prophylaxie de la grippe Influenza

Prise en charge des résidents

Prophylaxie

  • Durant une éclosion de grippe Influenza confirmée en laboratoire, la prophylaxie antivirale doit être offerte à tous les résidents dans la zone touchée par l'éclosion qui n'ont PAS déjà contracté la grippe Influenza, qu'ils soient immunisés ou non, jusqu'à ce que la fin de l'éclosion soit déclarée;
  • Si un résident sous prophylaxie développe des symptômes respiratoires, il faut changer sa dose et lui administrer une dose de traitement durant cinq jours ou jusqu'à ce que ses symptômes aient disparus, selon la première éventualité.

Traitement

Lorsqu'un laboratoire confirme l'éclosion de grippe Influenza, les nouveaux cas chez les résidents qui correspondent à la définition de cas ne doivent pas être confirmés par le laboratoire à leur tour avant d'être traités. Il est important de tenir compte des points suivants :

  • Le traitement antiviral de résidents malades qui correspondent à la définition de cas doit commencer dès que possible, dans les 48 heures qui suivent l'apparition des symptômes;
  • Les résidents malades doivent demeurer dans leur chambre pendant toute la durée du traitement antiviral et ce dernier doit s'étaler sur une période de cinq jours.

Circonstances pouvant avoir une incidence  sur la décision d'administrer  des antiviraux

  • Si un résident correspondant à la définition de cas présente des symptômes depuis PLUS de 48 heures et que le traitement antiviral n'a PAS été commencé, la décision d'administrer des antiviraux doit être prise à la lumière de l'annexe A;
  • Si l'éclosion perdure encore après la fin du traitement de cinq jours ET que la grippe Influenza n'a PAS été confirmée en laboratoire pour un résident (soit que le résident n'a été jamais testé, soit que le résultat de laboratoire était négatif pour la grippe Influenza), le résident doit recevoir la dose prophylactique jusqu'à ce que la fin de l'éclosion soit déclarée. Cette procédure est conseillée dans l'éventualité où  la source de l'éclosion serait mixte (voir l'annexe B).

Si les antiviraux ne freinent pas l'éclosion

Si de nouveaux cas continuent d'apparaître de 72 à 96 heures après le début de l'administration des antiviraux, envisagez les possibilités suivantes :

  • les nouveaux cas pourraient être causés par un autre organisme;
  • les procédures pourraient ne pas avoir été respectées;
  • la souche du virus pourrait avoir développé une résistance aux antiviraux.

Voici ce qu'il faut faire en pareil cas :

  • s'adresser à l'équipe de Gestion des éclosions de SPO qui déterminera s'il faut continuer d'administrer des antiviraux.
Recommandations sur l'utilisation du Tamiflu pour le traitement et la prophylaxie chez les adultes

Fonction rénale/clairance de la créatinine

Prophylaxie administrée jusqu'à la fin de l'éclosion

Traitement de cinq jours

Sans néphropathie connue OU

Avec néphropathie et clairance de la créatinine

> 60mL/min

 

75 mg une fois par jour

75 mg deux fois par jour

Avec néphropathie connue et clairance de la créatinine

> 30-60 mL/min

 

75 mg tous les deux jours OU 30 mg une fois par jour

75 mg une fois par jour OU 30 mg en suspension deux fois par jour OU 30 mg en capsule deux fois par jour

Avec néphropathie connue et clairance de la créatinine

10-30 mL/min

 

30 mg tous les deux jours

30 g par voie orale une fois par jour

Avec insuffisance rénale (clairance de la créatinine < 10 mL/min)

 

Aucune donnée

Dose unique de 75 mg pour toute la durée de la maladie

Patient sous dialyse : hémodialyse à faible débit

30 mg par voie orale en alternance, une séance d'hémodialyse sur deux (la première dose peut être donnée entre deux séances)

 

30 mg par voie orale après chaque séance d'hémodialyse (la première dose peut être donnée entre deux séances)

Patient sous dialyse : hémodialyse à haut débit

 

Aucune donnée

75 mg après chaque séance de dialyse

Patient sous dialyse : dialyse péritonéale continue ambulatoire (DPCA)

30 mg par voie orale une fois par semaine

Dose administrée avant le début de la dialyse

 

Une seule dose de 30 mg administrée par voie orale avant le début de la dialyse

Patient sous dialyse : thérapie d'épuration extrarénale continue (CRRT) à haut débit

 

Aucune donnée

30 mg par jour ou 75 mg tous les deux jours

Références :

Annexe A : Recommandations pour l'utilisation d'antiviraux en cas d'éclosion de grippe Influenza si le traitement n'a pas débuté dans les 48 heures qui suivent l'apparition des symptômes

Diagramme 1 : Recommandations pour l'utilisation d'antiviraux en cas d'éclosion de grippe Influenza si le traitement n'a pas débuté dans les 48 heures qui suivent l'apparition des symptômes

Recommandations pour l'utilisation d'antiviraux en cas d'éclosion de grippe Influenza si le traitement n'a pas débuté dans les 48 heures qui suivent l'apparition des symptômes

  • Le résident correspond à la définition de cas de l'éclosion.
  • Le traitement antiviral a-t-il été administré dans les 48 heures suivant l'apparition des symptômes (NON)
  • Le résident présente- t-il une amélioration clinique?
    • NON
      Administrer le traitement antiviral.
    • OUI
      Envisager le traitement antiviral pour les groupes à risque élevé* ou les personnes souffrant de maladies modérées, graves ou complexes.

* N.B. : Pour obtenir la définition des groupes à risque élevé, veuillez consulter les lignes directrices à jour de l'Association pour la microbiologie médicale et l'infectiologie Canada

Annexe B :  Recommandations pour l'utilisation d'une prophylaxie antivirale lors d'une éclosion de grippe Influenza chez les cas répertoriés ayant terminé un traitement d'antiviraux

Diagramme 2 : Recommandations pour l'utilisation d'une prophylaxie antivirale lors d'une éclosion de grippe Influenza chez les cas répertoriés ayant terminé un traitement d'antiviraux

Recommandations pour l'utilisation d'une prophylaxie antivirale lors d'une éclosion de grippe Influenza chez les cas répertoriés ayant terminé un traitement d'antiviraux

 L'éclosion dure-t-elle encore?

  • NON
    Aucune autre mesure n'est requise.
  • OUI
    Les antiviraux sont-ils encore utilisés à des fins prophylactiques chez les résidents de l'unité faisant partie des cas répertoriés?
    • OUI
      L'Influenza a-t-elle été confirmée en laboratoire pour le résident en question?
      • OUI

        Ne pas administrer une dose de prophylaxie. Le résident a probablement maintenant acquis une immunité au virus de la grippe Influenza responsable de l'éclosion.

      • NON

        Administrer une dose de prophylaxie jusqu'à ce que la fin de l'éclosion soit déclarée. Il s'agit d'une précaution au cas où l'éclosion serait attribuable à plus d'un agent pathogène et aussi le résident en question pourrait avoir été infecté par un agent pathogène autre que le virus de la grippe Influenza.

 

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