Prévention et gestion de l’hépatite A
L’hépatite A demeure un problème de santé publique important en raison de sa haute transmissibilité et de sa gravité potentielle pour tous les voyageurs. Cet article fournit des conseils essentiels sur la prévention, la gestion et les protocoles de signalement afin d’atténuer la propagation et l’incidence de l’hépatite A.
Caractéristiques de l’hépatite A
L’hépatite A est causée par le virus de l’hépatite A (VHA), un virus très contagieux qui se transmet principalement par voie fécale-orale, c’est-à-dire par l’ingestion d’aliments ou d’eau contaminés, ou par contact personnel étroit. Toute personne n’ayant pas acquis une immunité contre l’hépatite A, soit grâce à un vaccin, soit à cause d’une infection antérieure, peut être infectée. La maladie se manifeste habituellement après une période d’incubation d’environ un mois (pouvant aller de 15 à 50 jours) suivant l’exposition. La gravité de la maladie peut varier considérablement, allant d’une infection asymptomatique – observée chez 70 % des enfants de moins de 6 ans – à une maladie gravement invalidante qui dure plusieurs mois.
Chez l’adulte, l’infection se manifeste généralement de façon soudaine et est accompagnée de fièvre, de malaises, d’une perte d’appétit, de nausées, de malaises abdominaux, et quelques jours plus tard, d’un ictère.
Une hépatite persistante ou récidivante et pouvant durer jusqu’à un an survient dans environ 15 % des cas, cependant l’hépatite A n’entraîne pas d’infection chronique. Si la plupart des personnes se rétablissent complètement, les cas graves – en particulier chez les personnes âgées ou celles ayant une maladie hépatique préexistante – peuvent évoluer vers une hépatite fulminante. Le taux de létalité est d’environ 0,5 %, mais il peut atteindre 2,6 % chez les adultes de plus de 60 ans.
Freiner la propagation de l’hépatite A peut s’avérer particulièrement difficile, non seulement en raison de la fréquence des infections asymptomatiques, en particulier au sein de la population pédiatrique, mais aussi parce que l’on pense que l’infectiosité est maximale pendant la période d’incubation, avant l’apparition de tout symptôme.
Épidémiologie locale
Santé publique Ottawa reçoit en moyenne 10 signalements d’hépatite A chez les résidents d’Ottawa chaque année (2019-2023). En 2023, 75 % des cas d’Ottawa étaient liés à des voyages dans des pays où l’hépatite A est endémique. Voir le livre jaune du CDC (en anglais seulement) pour plus de détails sur l’endémicité de l’hépatite A.
Les éclosions d’hépatite A qui sont survenues en Ontario ont touché les groupes suivants :
- les personnes sans abri ou mal logées,
- les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes;
- les personnes qui consomment des drogues;
- les enfants dans les centres de garde et les écoles primaires et le personnel qui aide les enfants à aller aux toilettes.
Histoire naturelle de la maladie
Les personnes sont contagieuses environ deux semaines avant l’apparition de symptômes et sont considérées comme n’étant plus contagieuses sept jours après l’installation de l’ictère. Les enfants dont l’infection est asymptomatique peuvent tout de même transmettre le VHA à d’autres personnes.
Il y a lieu d’envisager une hépatite A lors de l’évaluation d’une maladie qui se manifeste de façon aiguë avec les symptômes suivants : nausées, anorexie, fièvre, malaise et/ou douleur abdominale avec ictère ou des taux d’aminotransférases sériques élevés.
Dépistage et signalement
Les cas d’hépatite A ne sont pas distinguables sur le plan clinique des autres types d’hépatite virale aiguë. Le diagnostic est établi par la détection dans le sang d’anticorps immunoglobulines dirigés contre le VHA (en cas d’infection aiguë, on détecte d’abord des IgM, puis des IgM et des IgG. Un résultat non réactif pour les IgM et réactif pour les IgG correspond à une immunité acquise lors d’une infection ou d’une immunisation antérieure.)
Des renseignements sur les analyses en laboratoire sont disponibles sur la page Web de Santé publique Ontario : Hépatite A – Sérologie (en anglais seulement). Veuillez demander un test diagnostique pour l’infection aiguë à l’hépatite A et le dépistage des anticorps IgM et IgG.
- Veuillez communiquer avec Santé publique Ottawa en composant le 613‑580‑2424, poste 24224, pour signaler tout cas présumé ou confirmé d’hépatite A.
- En dehors des heures de bureau, composez le 3‑1‑1 et demandez à parler à un membre du personnel de la santé publique.
Prophylaxie pré-exposition contre l’hépatite A
Le Guide canadien d’immunisation recommande une prophylaxie pré-exposition pour les personnes étant exposées à un risque accru d’infection, y compris les personnes voyageant dans des pays où l’endémicité de l’hépatite A est de niveau intermédiaire ou élevé (voir le livre jaune du CDC [en anglais seulement] pour plus de détails sur l’endémicité de l’hépatite A).
Les personnes qui voyagent dans des régions où l’hépatite A est endémique pour visiter des amis ou de la famille, qui séjournent dans des zones rurales ou dans des endroits où les installations sanitaires sont inadéquates, ou qui assistent à de grands événements, peuvent courir un risque accru de contracter la maladie. Des conseils avant le départ sur l’hygiène des mains, les précautions concernant l’eau et les aliments et la vaccination peuvent réduire le risque d’infection et dissiper les mythes sur la transmission.
En Ontario, les vaccins contre l’hépatite A financés par le secteur public peuvent être utilisés pour la prophylaxie pré-exposition pour les personnes qui répondent aux critères d’admissibilité de risque élevé, notamment les personnes qui utilisent des drogues injectables, les personnes atteintes d’une maladie hépatique chronique (y compris l’hépatite B et C) et les hommes qui ont des relations sexuelles avec d’autres hommes. Consultez les calendriers de vaccination financée par le secteur public en Ontario pour obtenir davantage de renseignements.
En dehors du programme financé par le secteur public, la vaccination contre l’hépatite A dans le cadre de la prophylaxie pré-exposition doit être obtenue auprès d’une clinique de voyage ou d’une pharmacie avec une ordonnance et peut être couverte par certains régimes privés d’assurance‑maladie.
Prophylaxie post-exposition contre l’hépatite A
La prophylaxie post-exposition, lorsqu’elle est recommandée, consiste normalement en un vaccin contre l’hépatite A (et éventuellement d’immunoglobulines humaines) dès que possible dans les 14 jours suivant la dernière exposition au virus, afin de réduire le risque d’évolution vers une maladie clinique.
Santé publique Ottawa recommande que les personnes exposées au sein de leur foyer ou en contact étroit âgées de 50 ans ou plus, et les personnes de tout âge dont le système immunitaire est affaibli ou qui souffrent d’une maladie hépatique chronique, reçoivent à la fois le vaccin contre l’hépatite A et des immunoglobulines (Ig) humaines. Il y a toutefois quelques exceptions, notamment une exposition à faible risque.
La recommandation d’ajouter des Ig chez les personnes âgées tente de concilier les différences entre les orientations du Guide canadien d’immunisation, qui recommande des Ig humaines dans le cadre de la prophylaxie post-exposition pour les adultes vulnérables âgés de 60 ans et plus, et celles du Comité consultatif provincial des maladies infectieuses (CCPMI), qui recommande des Ig humaines pour les adultes vulnérables (c’est ‑à ‑dire non immunisés) âgés de 50 ans et plus. L’Advisory Committee on Immunization Practices des États-Unis recommande l’administration d’Ig ainsi que du vaccin contre l’hépatite A dans le cadre de la prophylaxie post‑exposition pour les personnes de moins de 40 ans (tableau 4 à l’adresse https://www.cdc.gov/mmwr/volumes/69/rr/rr6905a1.htm#T4_up), tandis que SPO recommande l’administration d’Ig ainsi que du vaccin dans le cadre de la prophylaxie post‑exposition pour les personnes âgées de 50 ans et plus afin de fournir une protection immédiate à ceux qui peuvent présenter une réponse immunitaire moins rapide ou moins robuste.
L’Équipe de gestion des cas de SPO soutient l’évaluation des risques, fournit des recommandations en matière de prophylaxie post-exposition et coordonne l’administration des Ig et des vaccins.
La première dose de vaccin contre l’hépatite A pour la prophylaxie post-exposition est financée par le secteur public et peut être commandée auprès de SPO. Pour une protection à long terme contre l’hépatite A, une deuxième dose de vaccin contre l’hépatite A est nécessaire de 6 à 12 mois après la première dose (ou jusqu’à 36 mois, selon le vaccin reçu). Les deuxièmes doses ne sont pas financées par le secteur public et peuvent être obtenues en pharmacie avec une ordonnance.
Ressources à l’intention des médecins
- Pour signaler tout cas soupçonné ou confirmé d’hépatite A, ou si vous avez des questions sur la gestion des cas d’hépatite A, veuillez communiquer avec Ligne de signalement du Programme des maladies infectieuses de SPO au 613‑580‑2424, poste 24224. En dehors des heures de bureau, composez le 3‑1‑1 et demandez à parler à un membre du personnel de la santé publique.
- Commander des vaccins auprès de Santé publique Ottawa (SPO)
- Vaccins contre l’hépatite A : Guide canadien d’immunisation
- Calendriers de vaccination financée par le secteur public en Ontario, Santé publique Ontario
- CDC Yellow Book - Hepatitis A, Center for Disease Control and Prevention
Ressources à l’intention des patients
- Qu’est-ce que l’hépatite A?, Santé publique Ottawa.
- L’hépatite A – CATIE, (met l’accent sur l’hépatite A en tant qu’infection sexuellement transmissible), la source canadienne de renseignements sur le VIH et l’hépatite C.
- Hépatite A, Organisation mondiale de la Santé, Principaux faits et vue d’ensemble (disponible en arabe, chinois, russe, et espagnol).
- La vaccination contre l’hépatite A dans le cadre d’une prophylaxie pré‑exposition peut être couverte par certains régimes privés d’assurance-maladie.
- Planifiez pour rester en santé avant et pendant votre voyage, Santé Canada.
Sandra Petersen RN, BScN, CCHN(C), CIC Nursing Project Officer
Ottawa Public Health