Favoriser un accès équitable au dépistage du cancer dans les soins primaires

Le cancer demeure la principale cause de décès en Ontario. Dans les faits, un Ontarien sur quatre succombe au cancer. Bien que les programmes de dépistage du cancer du sein, du col de l’utérus, du poumon et du cancer colorectal soient conçus pour détecter la maladie à un stade précoce, de nombreux patients continuent de se heurter à des obstacles qui retardent ou empêchent l’accès à ces services, en particulier ceux qui sont issus de milieux défavorisés.

Les données locales sont peut-être limitées en raison de l’inadéquation de la collecte de données fondées sur la race, mais les recherches menées au Canada, aux États-Unis et au Royaume-Uni mettent en évidence des inégalités persistantes en matière d’accès au dépistage et de résultats, en particulier chez les personnes suivantes :

  • Les membres des Premières Nations sont 42 % plus susceptibles de développer un cancer colorectal et moins susceptibles de subir un dépistage du cancer du sein, du col de l’utérus et colorectal.
  • Les femmes métisses sont moins susceptibles de subir un dépistage du cancer du sein et du cancer colorectal.
  • Les femmes noires sont confrontées à des taux plus élevés de sous-types agressifs de cancer du sein et à un stade plus avancé de la maladie.
  • Les femmes philippines reçoivent le diagnostic de cancer du sein à des taux plus élevés que les femmes blanches.
  • Les nouveaux arrivants et les résidents des quartiers à faible revenu et ethniquement diversifiés sont plus susceptibles de ne pas avoir subi un dépistage du cancer colorectal et de celui du poumon depuis un certain temps, y compris les réfugiés dont le financement limité pour le dépistage provient du Programme fédéral de santé intérimaire (PFSI).
  • Les patients sans adresse fixe ni numéro de téléphone ont des difficultés logistiques qui limitent l’accès.

Mesures concrètes pour élargir l’accès au dépistage du cancer

Si elles ne font pas déjà partie de votre approche, veuillez envisager ces stratégies prêtes à être utilisées pour soutenir l’équité dans le dépistage du cancer :

  • Auto-inscription pour les patients non inscrits : Si des contraintes de temps empêchent le dépistage du cancer en clinique, encouragez les patients non inscrits à s’inscrire eux-mêmes au Programme d’accès au dépistage du Champlain.
  • Soutenir les conversations respectueuses de la culture avec les patients autochtones : La trousse à outils sur le dépistage du cancer d’Action Cancer Ontario soutient le dialogue avec les patients autochtones.
  • Discuter de dépistage précoce : Le Programme ontarien de dépistage du cancer du sein (PODCS) offre le dépistage à toutes les personnes admissibles, toutefois, il faut prioriser les discussions sur le dépistage du cancer du sein avec les femmes autochtones, noires et philippines, en particulier celles qui ont des antécédents familiaux ou présentent d’autres facteurs de risque.
  • Offrir des rendez-vous groupés : Si une patiente sans domicile fixe ou ayant un accès limité aux transports a un rendez-vous pour une question, pensez à proposer un dépistage du cancer du col de l’utérus lors de la même visite.
  • Mettre à jour les coordonnées de manière stratégique : Pour les patients qui n’ont pas d’accès fiable à un téléphone, le fait d’avoir l’autorisation d’utiliser les coordonnées d’un chargé de cas ou du personnel d’un centre d’hébergement peut aider à coordonner le dépistage du cancer.
  • Rester en contact : occasions de dépistage locales : Suivez les médias sociaux de Santé publique Ottawa pour obtenir des mises à jour sur les événements de dépistage du cancer le jour même, comme la clinique mobile Mole.
  • Étendre l’accès au dépistage aux réfugiés lorsqu’ils sont admissibles : Si vous avez des privilèges de facturation dans le cadre du PFSI, proposez le dépistage du cancer du col de l’utérus pour les réfugiés, qui est actuellement le seul dépistage du cancer financé.

Ces ajustements stratégiques peuvent contribuer à ce que davantage de patients reçoivent le soutien dont ils ont besoin pour détecter rapidement un cancer et profiter de meilleurs résultats.

Ressources à l’intention des médecins et du personnel infirmier praticien

Ressources à l’intention des patients

Chantal Phillips, MD, CCFP
Résidente en santé publique et médecine préventive
Université d’Ottawa

Emil Prikryl, MD, MSc, FRCPC
Médecin adjoint en santé publique
Santé publique Ottawa

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