Renseignements sur la rage pour les fournisseurs de soins de santé

Messages clés

  • La rage est une encéphalite aiguë et évolutive causée par un virus du genre Lyssavirus, de la famille des Rhabdoviridae. Elle est presque toujours mortelle. Elle se transmet le plus souvent à l'homme par la morsure d'un mammifère infecté. Le virus présent dans la salive d'un animal infecté peut se transmettre à l'homme par une morsure ou une griffure, ou par contact avec une lésion cutanée, les muqueuses ou les voies respiratoires. Au Canada, les renards, les mouffettes, les ratons laveurs et les chauves-souris peuvent constituer des réservoirs susceptibles de transmettre l’infection aux animaux de compagnie, au bétail et aux personnes. En Ontario, les animaux les plus exposés au risque de contracter la rage sont les ratons laveurs, les renards, les mouffettes et les chauves-souris. À l’échelle mondiale, cependant, ce sont les chiens domestiques et errants qui représentent le plus grand risque. La transmission par aérosols du virus de la rage dans les grottes de chauves-souris ou les laboratoires, ainsi que par les transplantations d’organes, constituent des voies de transmission peu courantes.

    Les morsures aux mains, au visage et au cou, sont considérées comme des sources d’exposition à risque élevé. Les morsures de chauve-souris ne sont pas toujours visibles. C’est pourquoi un contact direct avec cet animal, s’il n’est pas possible de confirmer qu’il n’y a pas eu de morsure ou de blessure, ni de salive laissée sur une blessure ou une muqueuse du patient, suffit pour justifier l’administration de la prophylaxie postexposition (PPE) contre la rage.

    La rage est presque toujours mortelle, mais on peut facilement la prévenir en encourageant les gens à faire vacciner leurs animaux, à éviter de toucher des animaux inconnus ou d’interagir avec eux, et à obtenir des soins adéquats lorsqu’ils se font mordre ou griffer par des animaux.

    En tant que fournisseur de soins de santé, il est possible qu’on vous demande d’administrer une PPE contre la rage, et l’administration appropriée est cruciale pour garantir que les patients ont la protection immunitaire nécessaire pour éviter de contracter la rage. Il faut pour cela :

    • administrer des immunoglobulines antirabiques (RIg) correctement dans les plaies;
    • administrer le vaccin contre la rage à un endroit ÉLOIGNÉ des plaies traitées aux RIg, idéalement sur un autre membre;
    • consigner soigneusement l’administration de la PPE contre la rage, notamment les sites d’injection, le volume et le dosage et les numéros de lot.
    • pour des renseignements importants concernant l’administration de la prophylaxie postexposition (PPE) contre la rage, veuillez consulter le Guide rapide sur l’administration des immunoglobulines antirabiques (RIg) et des vaccins antirabiques de Santé publique Ottawa.

  • La rage humaine est extrêmement rare à Ottawa et au Canada. Un cas de rage humaine a été signalé en septembre 2024, à la suite d’un contact avec une chauve-souris dans le nord de l’Ontario. Il s’agit du premier cas de transmission locale de rage humaine en Ontario depuis 1967.
  • Dans toutes les régions de l’Ontario, la présence de la rage est confirmée de façon intermittente chez les chauves-souris (consultez la page Web sur les cas de rage | ontario.ca). L’évaluation attentive des signalements de contact potentiel avec des chauves-souris s’impose.

Les animaux enragés les plus communs en Ontario sont les chauves-souris, les ratons laveurs, les renards et les mouffettes. 

Les symptômes apparaissent généralement de trois à huit semaines après l’exposition, mais ils peuvent aussi se déclarer neuf jours seulement après la morsure, ou même sept ans après. La rage est habituellement mortelle, sauf si une prophylaxie postexposition est administrée avant que le virus ne pénètre dans le système nerveux.

Les premiers symptômes de la rage peuvent comprendre une gêne, une paresthésie ou de la douleur au site d’exposition, ainsi que des maux de tête, des malaises, de la fièvre et de la fatigue, et possiblement des symptômes psychologiques comme des changements de personnalité ou de l’appréhension. Des symptômes plus spécifiques se déclarent après en moyenne quatre jours (jusqu’à dix) de prodrome. La maladie complète se présente généralement de deux façons. La forme furieuse, la plus courante, s’accompagne de symptômes d’hydrophobie (peur de boire, difficulté à avaler et écume autour de la bouche causées par des spasmes graves du larynx ou du diaphragme qui entraînent une sensation d’étouffement lorsque la personne essaie de boire ou d’avaler), d’agressivité et de changements au comportement. La forme paralytique (ou muette) de la maladie se manifeste comme une paralysie flasque progressive. Les deux formes évoluent rapidement, et mènent en quelques jours à l’encéphalite et aux décès.

 Facteurs entrant dans l’évaluation des risques d'exposition :

  • Gravité et profondeur des morsures
  • Morsures sur les mains, le cou ou le visage
  • Exposition d’une plaie préexistante, d’une muqueuse ou des voies respiratoires à de la salive animale
  • Comportement anormal ou agressif de l’animal
  • Attaque sans provocation
  • Prévalence de la rage animale dans la région

Les morsures graves sont plus susceptibles de laisser penser que l’animal est enragé, et elles peuvent aussi augmenter la probabilité d’exposition au virus et de transmission en raison de l’exposition accrue à la salive.

Les morsures aux mains et au visage sont considérées comme étant des expositions à risque élevé en raison de la grande densité des terminaisons nerveuses. Les morsures au visage et au cou sont aussi des expositions à risque élevé en raison de la proximité des nerfs crâniens, qui mènent directement au cerveau.

Santé publique Ottawa (SPO) effectuera une évaluation des risques pour les expositions soupçonnées à la rage. Cependant, la décision finale d’administrer ou non une prophylaxie postexposition (PPE) contre la rage est fondée sur une discussion sur le consentement éclairé entre le fournisseur de soins de santé et le patient (ou le parent ou le tuteur).

Les dents très petites et acérées des chauves-souris rendent difficile l’exclusion d’une morsure. C’est pourquoi il est recommandé de procéder à une PPE et à un test sur la chauve-souris, si elle est disponible, après un contact direct entre une personne et une chauve-souris. Les contacts directs mineurs ou transitoires avec une chauve-souris sont considérés comme une exposition, car une morsure peut ne pas être ressentie et ne pas laisser de marque visible. Si le patient a trouvé une chauve-souris dans la pièce où il a dormi, il peut être difficile d’évaluer le contact direct, particulièrement si la chauve-souris a été trouvée dans la chambre d’un enfant ou d’un adulte qui n’est pas en mesure de fournir des explications fiables. Veuillez consulter le Guide canadien d’immunisation, sous la rubrique « Type d’exposition » dans la section « Indications ».

Veuillez consulter le document Lignes directrices concernant la gestion des cas d’exposition présumée à la rage (2020) du Ministère de la Santé, ainsi que le Guide canadien d’immunisation, pour en savoir plus.

Chez les animaux, la technique de diagnostic à suivre est l’analyse post mortem du tissu cérébral par immunofluorescence, une technique très sensible et précise.

Il n’existe actuellement aucun test permettant de diagnostiquer l’infection par le virus de la rage chez l’humain avant l’apparition des signes cliniques de la maladie. On peut toutefois faire des examens ante mortem (avant la mort) chez l’humain par RT-PCR sur des échantillons de salive. On peut analyser le sérum, la salive, le liquide céphalorachidien et la peau nucale pour vérifier la présence d’anticorps au virus de la rage. 

Veuillez noter qu’aucun test seul n’est suffisant pour exclure la rage, et qu’il peut être nécessaire de combiner plusieurs tests pour diagnostiquer la rage chez l’humain avant le décès. Le diagnostic post mortem est fait par immunofluorescence.

Veuillez consulter les Directives pour l’envoi d’échantillons humains à des fins de dépistage de la rage au Canada pour en savoir plus. (Ce lien se trouve sur la page Web de Santé Canada : Rage : Pour les professionnels de la santé – Canada.ca.)

Pour confirmer l’efficacité de la vaccination avant et après l’exposition (c.-à-d. qu’on ne soupçonne pas de cas de rage humaine), on peut demander une analyse sérologique pour titrer les anticorps anti-virus de la rage.

Toutes les morsures de mammifères et les contacts avec des mammifères ayant le potentiel de transmettre la rage à une personne doivent être signalés dès que possible à Santé publique Ottawa ou à son unité de santé publique locale (Règl. de l’Ont. 501/17, art. 1.).

Si on soupçonne un patient d’être atteint de la rage humaine, on doit le signaler dès que possible à Santé publique Ottawa ou à son unité de santé publique locale (L.R.O. 1990, chap. H.7, art. 25; 1998, chap. 18, annexe G, par. 55 (2); Règl. de l’Ont. 559/91, art. 1).

Santé publique Ottawa est en mesure de recevoir des signalements d’exposition à des animaux 24 heures par jour, 7 jours par semaine :

1. En ligne : Santé publique Ottawa a récemment mis en ligne un formulaire sur son site internet afin de pouvoir recueillir les signalements d’exposition potentielle à la rage : Formulaire de déclaration d’exposition à un animal – Fournisseur de soins de santé – Santé publique Ottawa

2. Par téléphone : 

  • Heures normales de bureau (du lundi au vendredi, de 8 h 30 à 16 h 30) : en composant le 613 580-6744 (après avoir sélectionné la langue, faites le 2 pour accéder au volet des soins de santé, le 1 pour faire un signalement à SPO, puis de nouveau le 1 pour signaler une morsure d’animal)
  • En dehors des heures d’ouverture, la fin de semaine et les jours fériés : veuillez composer le 311 et demander à parler à un inspecteur en santé publique

3. Par télécopie : Vous pouvez imprimer un formulaire de rapport en format PDF et le télécopier au 613 580-9648 

Lavez la plaie avec un savon doux et nettoyez-la en profondeur à grande eau à un débit modéré, pendant environ 15 minutes. Tous les débris, dents cassées, etc. doivent être soigneusement retirés. Certaines recommandations suggèrent également l'utilisation d'un agent virucide, tel que des solutions à base d'iode ou d'alcool.

La plaie ne devrait pas être suturée, sauf pour des raisons cosmétiques ou de soutien tissulaire. Les sutures, s’il y a lieu, devraient être placées après l’infiltration locale d’immunoglobulines antirabiques (RIg). Elles devraient être lâches et ne devraient pas empêcher le saignement et le drainage (Heymann 2022).

Au besoin, un suivi en soins des plaies devrait être proposé par un médecin. Bien que le risque de rage soit faible, il y a un risque d’autres infections au site de la plaie. Le vaccin contre le tétanos et la diphtérie devrait être mis à jour au besoin. L’administration d’antibiotiques dépend du portrait clinique.

Toutes les morsures de mammifères et les contacts avec des mammifères susceptibles de transmettre la rage à une personne doivent être signalés dès que possible à Santé publique Ottawa (SPO) ou à son unité de santé publique locale (Règl. de l’Ont. 501/17, art. 1).

Prophylaxie postexposition (PPE) contre la rage –Personnes non vaccinées

Téléchargez le guide rapide sur l’administration des immunoglobulines antirabiques (RIg) et vaccins antirabiques (PDF - 441 KB)\

Prophylaxie postexposition contre la rage – Personnes vaccinées

Quand Santé publique Ottawa (SPO) est contactée par un fournisseur de soins de santé qui a examiné un patient ayant eu une exposition potentielle au virus de la rage après une morsure ou un contact avec la salive d’un animal, SPO procédera à une évaluation du risque. Toutefois, la décision finale concernant l’administration de la prophylaxie postexposition contre la rage (PPE) repose sur une discussion de consentement éclairé entre le professionnel de la santé traitant et le patient ou son parent/tuteur. SPO fournira la prophylaxie postexposition (PPE) au fournisseur de soins de santé. Il est très important de suivre le calendrier de vaccination du Guide canadien d’immunisation. SPO vous appellera pour s’assurer que vous recevez les bonnes doses les bons jours.

Dans le cas des animaux domestiques, les patients s’inquiètent souvent de ce qu’il adviendra de l’animal et peuvent trouver les renseignements rassurants suivants :

  • Santé publique Ottawa (SPO) tentera de communiquer avec le propriétaire et émettra un avis de confinement/observation de dix jours. Dans la plupart des cas, l’animal sera confiné au domicile du propriétaire. L’animal sera libéré du confinement après dix jours s’il est observé vivant et en bonne santé par un inspecteur de la santé publique; à ce moment, la personne exposée sera informée qu’il n’y a aucun risque de rage et que la prophylaxie postexposition (PPE) n’est pas nécessaire.

Dans les rares cas où l’animal devient malade pendant la période de confinement, une évaluation vétérinaire est recommandée. Si le vétérinaire soupçonne la rage, l’animal doit être euthanasié de manière humanitaire, et Santé publique Ottawa (SPO) coordonne les analyses de dépistage de la rage — les résultats sont généralement disponibles dans les 72 heures suivant la réception de l’échantillon au laboratoire. SPO communiquera avec le vétérinaire, le patient et le professionnel de la santé afin d’évaluer le risque et d’appuyer la prise de décision concernant la PPE.

La rage, Santé publique Ottawa

Renseignements généraux sur la rage

Vaccin contre la rage : Guide canadien d’immunisation : Administration du vaccin, Agence de la santé publique du Canada

Protocole de prévention et de contrôle de la rage, 2023, ministère de la Santé

Guide rapide sur l’administration des immunoglobulines antirabiques (RIg) et des vaccins antirabiques (PDF – 441 KB), Santé publique Ottawa

Article court : « Is injecting a finger with rabies immunoglobulin dangerous? », American Journal of Tropical Medicine and Hygiene (en anglais seulement)

Comment administrer la prophylaxie postexposition contre la rage, Santé publique Ontario

Lignes directrices concernant la gestion des cas d’exposition présumée à la rage, 2020, Ministère de la Santé

Épreuves en laboratoire

Rabies Serology, Santé publique Ontario (en anglais seulement)

Rabies Testing at the CFIA: General Information and Submission Guidelines, Agence canadienne d’inspection des aliments (PDF, en anglais seulement)

Maladies à transmission vectorielle et zoonoses, Agence de la santé publique du Canada 

Signalement

Signalement d’une maladie transmissible, Santé publique Ottawa  

Ressources internationales sur la rage (en anglais seulement)

Rabies, U.S. Centers for Disease Control and Prevention (CDC)

Rabies Risks in Terrestrial Animals by Country, UK Health Security Agency (UKHSA)

Rabies, Organisation mondiale de la santé (OMS)

Global Alliance for Rabies Control

Nous joindre

Pour toute question au sujet de la rage, ou pour signaler à Santé publique Ottawa une morsure d’animal ou une possible exposition à la rage, veuillez composer le 613-580-6744 (après avoir sélectionné la langue, faites le « 2 » pour indiquer que vous êtes un professionnel de la santé, puis appuyez deux fois sur « 1 » pour signaler une morsure). En dehors des heures d’ouverture, la fin de semaine et les jours fériés : veuillez composer le 311 et demander à parler à un inspecteur en santé publique.   

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