Messages clés
La rage est une encéphalite aiguë et évolutive causée par un virus du genre Lyssavirus, de la famille des Rhabdoviridae. Elle est presque toujours mortelle. Elle se transmet le plus souvent à l'homme par la morsure d'un mammifère infecté. Le virus présent dans la salive d'un animal infecté peut se transmettre à l'homme par une morsure ou une griffure, ou par contact avec une lésion cutanée, les muqueuses ou les voies respiratoires. Au Canada, les renards, les mouffettes, les ratons laveurs et les chauves-souris peuvent constituer des réservoirs susceptibles de transmettre l’infection aux animaux de compagnie, au bétail et aux personnes. En Ontario, les animaux les plus exposés au risque de contracter la rage sont les ratons laveurs, les renards, les mouffettes et les chauves-souris. À l’échelle mondiale, cependant, ce sont les chiens domestiques et errants qui représentent le plus grand risque. La transmission par aérosols du virus de la rage dans les grottes de chauves-souris ou les laboratoires, ainsi que par les transplantations d’organes, constituent des voies de transmission peu courantes.
Les morsures aux mains, au visage et au cou, sont considérées comme des sources d’exposition à risque élevé. Les morsures de chauve-souris ne sont pas toujours visibles. C’est pourquoi un contact direct avec cet animal, s’il n’est pas possible de confirmer qu’il n’y a pas eu de morsure ou de blessure, ni de salive laissée sur une blessure ou une muqueuse du patient, suffit pour justifier l’administration de la prophylaxie postexposition (PPE) contre la rage.
La rage est presque toujours mortelle, mais on peut facilement la prévenir en encourageant les gens à faire vacciner leurs animaux, à éviter de toucher des animaux inconnus ou d’interagir avec eux, et à obtenir des soins adéquats lorsqu’ils se font mordre ou griffer par des animaux.
En tant que fournisseur de soins de santé, il est possible qu’on vous demande d’administrer une PPE contre la rage, et l’administration appropriée est cruciale pour garantir que les patients ont la protection immunitaire nécessaire pour éviter de contracter la rage. Il faut pour cela :
- administrer des immunoglobulines antirabiques (RIg) correctement dans les plaies;
- administrer le vaccin contre la rage à un endroit ÉLOIGNÉ des plaies traitées aux RIg, idéalement sur un autre membre;
- consigner soigneusement l’administration de la PPE contre la rage, notamment les sites d’injection, le volume et le dosage et les numéros de lot.
- pour des renseignements importants concernant l’administration de la prophylaxie postexposition (PPE) contre la rage, veuillez consulter le Guide rapide sur l’administration des immunoglobulines antirabiques (RIg) et des vaccins antirabiques de Santé publique Ottawa.
Les animaux enragés les plus communs en Ontario sont les chauves-souris, les ratons laveurs, les renards et les mouffettes. |
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Les symptômes apparaissent généralement de trois à huit semaines après l’exposition, mais ils peuvent aussi se déclarer neuf jours seulement après la morsure, ou même sept ans après. La rage est habituellement mortelle, sauf si une prophylaxie postexposition est administrée avant que le virus ne pénètre dans le système nerveux. Les premiers symptômes de la rage peuvent comprendre une gêne, une paresthésie ou de la douleur au site d’exposition, ainsi que des maux de tête, des malaises, de la fièvre et de la fatigue, et possiblement des symptômes psychologiques comme des changements de personnalité ou de l’appréhension. Des symptômes plus spécifiques se déclarent après en moyenne quatre jours (jusqu’à dix) de prodrome. La maladie complète se présente généralement de deux façons. La forme furieuse, la plus courante, s’accompagne de symptômes d’hydrophobie (peur de boire, difficulté à avaler et écume autour de la bouche causées par des spasmes graves du larynx ou du diaphragme qui entraînent une sensation d’étouffement lorsque la personne essaie de boire ou d’avaler), d’agressivité et de changements au comportement. La forme paralytique (ou muette) de la maladie se manifeste comme une paralysie flasque progressive. Les deux formes évoluent rapidement, et mènent en quelques jours à l’encéphalite et aux décès. |
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Évaluation des risques d'exposition |
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Facteurs entrant dans l’évaluation des risques d'exposition :
Les morsures graves sont plus susceptibles de laisser penser que l’animal est enragé, et elles peuvent aussi augmenter la probabilité d’exposition au virus et de transmission en raison de l’exposition accrue à la salive. Les morsures aux mains et au visage sont considérées comme étant des expositions à risque élevé en raison de la grande densité des terminaisons nerveuses. Les morsures au visage et au cou sont aussi des expositions à risque élevé en raison de la proximité des nerfs crâniens, qui mènent directement au cerveau. Santé publique Ottawa (SPO) effectuera une évaluation des risques pour les expositions soupçonnées à la rage. Cependant, la décision finale d’administrer ou non une prophylaxie postexposition (PPE) contre la rage est fondée sur une discussion sur le consentement éclairé entre le fournisseur de soins de santé et le patient (ou le parent ou le tuteur). Les dents très petites et acérées des chauves-souris rendent difficile l’exclusion d’une morsure. C’est pourquoi il est recommandé de procéder à une PPE et à un test sur la chauve-souris, si elle est disponible, après un contact direct entre une personne et une chauve-souris. Les contacts directs mineurs ou transitoires avec une chauve-souris sont considérés comme une exposition, car une morsure peut ne pas être ressentie et ne pas laisser de marque visible. Si le patient a trouvé une chauve-souris dans la pièce où il a dormi, il peut être difficile d’évaluer le contact direct, particulièrement si la chauve-souris a été trouvée dans la chambre d’un enfant ou d’un adulte qui n’est pas en mesure de fournir des explications fiables. Veuillez consulter le Guide canadien d’immunisation, sous la rubrique « Type d’exposition » dans la section « Indications ». Veuillez consulter le document Lignes directrices concernant la gestion des cas d’exposition présumée à la rage (2020) du Ministère de la Santé, ainsi que le Guide canadien d’immunisation, pour en savoir plus. |
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Diagnostic et épreuves en laboratoire |
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Chez les animaux, la technique de diagnostic à suivre est l’analyse post mortem du tissu cérébral par immunofluorescence, une technique très sensible et précise. Il n’existe actuellement aucun test permettant de diagnostiquer l’infection par le virus de la rage chez l’humain avant l’apparition des signes cliniques de la maladie. On peut toutefois faire des examens ante mortem (avant la mort) chez l’humain par RT-PCR sur des échantillons de salive. On peut analyser le sérum, la salive, le liquide céphalorachidien et la peau nucale pour vérifier la présence d’anticorps au virus de la rage. Veuillez noter qu’aucun test seul n’est suffisant pour exclure la rage, et qu’il peut être nécessaire de combiner plusieurs tests pour diagnostiquer la rage chez l’humain avant le décès. Le diagnostic post mortem est fait par immunofluorescence. Veuillez consulter les Directives pour l’envoi d’échantillons humains à des fins de dépistage de la rage au Canada pour en savoir plus. (Ce lien se trouve sur la page Web de Santé Canada : Rage : Pour les professionnels de la santé – Canada.ca.) Pour confirmer l’efficacité de la vaccination avant et après l’exposition (c.-à-d. qu’on ne soupçonne pas de cas de rage humaine), on peut demander une analyse sérologique pour titrer les anticorps anti-virus de la rage. |
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Exigences de signalement |
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Toutes les morsures de mammifères et les contacts avec des mammifères ayant le potentiel de transmettre la rage à une personne doivent être signalés dès que possible à Santé publique Ottawa ou à son unité de santé publique locale (Règl. de l’Ont. 501/17, art. 1.). Si on soupçonne un patient d’être atteint de la rage humaine, on doit le signaler dès que possible à Santé publique Ottawa ou à son unité de santé publique locale (L.R.O. 1990, chap. H.7, art. 25; 1998, chap. 18, annexe G, par. 55 (2); Règl. de l’Ont. 559/91, art. 1). Santé publique Ottawa est en mesure de recevoir des signalements d’exposition à des animaux 24 heures par jour, 7 jours par semaine : 1. En ligne : Santé publique Ottawa a récemment mis en ligne un formulaire sur son site internet afin de pouvoir recueillir les signalements d’exposition potentielle à la rage : Formulaire de déclaration d’exposition à un animal – Fournisseur de soins de santé – Santé publique Ottawa 2. Par téléphone :
3. Par télécopie : Vous pouvez imprimer un formulaire de rapport en format PDF et le télécopier au 613 580-9648 |
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Lavez la plaie avec un savon doux et nettoyez-la en profondeur à grande eau à un débit modéré, pendant environ 15 minutes. Tous les débris, dents cassées, etc. doivent être soigneusement retirés. Certaines recommandations suggèrent également l'utilisation d'un agent virucide, tel que des solutions à base d'iode ou d'alcool. La plaie ne devrait pas être suturée, sauf pour des raisons cosmétiques ou de soutien tissulaire. Les sutures, s’il y a lieu, devraient être placées après l’infiltration locale d’immunoglobulines antirabiques (RIg). Elles devraient être lâches et ne devraient pas empêcher le saignement et le drainage (Heymann 2022). Au besoin, un suivi en soins des plaies devrait être proposé par un médecin. Bien que le risque de rage soit faible, il y a un risque d’autres infections au site de la plaie. Le vaccin contre le tétanos et la diphtérie devrait être mis à jour au besoin. L’administration d’antibiotiques dépend du portrait clinique. Toutes les morsures de mammifères et les contacts avec des mammifères susceptibles de transmettre la rage à une personne doivent être signalés dès que possible à Santé publique Ottawa (SPO) ou à son unité de santé publique locale (Règl. de l’Ont. 501/17, art. 1). Prophylaxie postexposition (PPE) contre la rage –Personnes non vaccinées
Prophylaxie postexposition contre la rage – Personnes vaccinées
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Comme la plupart des humains reçoivent une prophylaxie postexposition (PPE) contre la rage après une exposition à des animaux domestiques, il est important de garder à jour les vaccins contre la rage de tous les chats, les furets et les chiens domestiques. Il est aussi important de garder le contrôle sur ses animaux en gardant les chats et les furets à l’intérieur et en surveillant directement les chiens lorsqu’ils sont à l’extérieur pour prévenir leur exposition aux animaux sauvages infectés. Enfin, il faut appeler les services de contrôle des animaux si on rencontre un animal errant ou un animal sauvage malade ou blessé. Ne vous approchez pas des animaux errants ou sauvages, ne les touchez pas et ne les nourrissez pas. Enseignez aux enfants à ne pas toucher aux animaux, y compris aux chiens et aux chats, même s’ils semblent amicaux. Conseillez à vos patients à risque élevé d’exposition d’envisager la vaccination préexposition contre la rage, surtout s’ils ont une exposition professionnelle (p. ex., laboratoire, clinique vétérinaire, contrôle des animaux ou travail avec la faune) ou s’ils sont des voyageurs qui passeront plus d’un mois dans un pays où la rage est endémique. Les directives sur la prophylaxie préexposition (PPrE) ont été récemment mises à jour par le Comité consultatif national de l'immunisation (CCNI) afin d’y intégrer une approche basée sur le risque (Résumé de la déclaration du CCNI du 30 janvier 2026 : Directives mises à jour sur l’utilisation du vaccin contre la rage pour la prophylaxie préexposition (PPrE)). Il est recommandé aux personnes présentant un risque « très élevé » ou « élevé » d’exposition non identifiée (p. ex., le personnel de laboratoire manipulant le virus de la rage, les personnes fréquemment exposées aux chauves-souris) de recevoir une série primaire de trois doses (jours 0, 7 et 21–28), tandis que les personnes présentant un risque « modéré » (p. ex., les vétérinaires, les agents de contrôle des animaux, les voyageurs) peuvent recevoir une série primaire de deux doses (jours 0 et 7), suivie d’une dose de rappel à 12 à 24 mois si un risque persistant existe. Le vaccin antirabique utilisé en prophylaxie préexposition (PPrE) peut être administré soit par la voie intramusculaire (IM) traditionnelle, soit par une administration intradermique (ID) en deux sites, ces deux méthodes étant jugées acceptables selon les données probantes actuelles. Pour les personnes immunodéprimées recevant une prophylaxie préexposition contre la rage, le CCNI recommande une série primaire de trois doses, indépendamment de la catégorie de risque, accompagnée d’une confirmation sérologique post-vaccination d’une réponse adéquate en anticorps. Une exposition à un animal potentiellement enragé nécessite toujours l’administration de deux doses de vaccin antirabique en postexposition. Pour les personnes présentant un risque élevé d’exposition (par exemple, un technicien de laboratoire travaillant avec le virus de la rage), une protection constante est nécessaire pour couvrir les expositions non reconnues et, à mesure que la protection diminue avec le temps, des épreuves sérologiques sont nécessaires tous les six mois à deux ans en fonction du scénario de risque d’exposition en cours. Un rappel est nécessaire si les titres des anticorps tombent sous 0,5 UI/ml. La réalisation de tests sérologiques n’est plus requise uniquement en raison de l’utilisation de la voie intradermique (ID) en deux sites; toutefois, elle demeure indiquée chez les personnes présentant des expositions continues à haut risque, ainsi que chez celles qui sont immunodéprimées ou qui prennent de la chloroquine ou de l’hydroxychloroquine. Pour plus de détails, consultez le Guide canadien d’immunisation, vaccin contre la rage, section « Tests sur des échantillons de sérum et de liquide céphalorachidien » : « Sujets présentant un risque élevé et continu d’exposition ». |
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Rôle de la santé publique |
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Quand Santé publique Ottawa (SPO) est contactée par un fournisseur de soins de santé qui a examiné un patient ayant eu une exposition potentielle au virus de la rage après une morsure ou un contact avec la salive d’un animal, SPO procédera à une évaluation du risque. Toutefois, la décision finale concernant l’administration de la prophylaxie postexposition contre la rage (PPE) repose sur une discussion de consentement éclairé entre le professionnel de la santé traitant et le patient ou son parent/tuteur. SPO fournira la prophylaxie postexposition (PPE) au fournisseur de soins de santé. Il est très important de suivre le calendrier de vaccination du Guide canadien d’immunisation. SPO vous appellera pour s’assurer que vous recevez les bonnes doses les bons jours. Dans le cas des animaux domestiques, les patients s’inquiètent souvent de ce qu’il adviendra de l’animal et peuvent trouver les renseignements rassurants suivants :
Dans les rares cas où l’animal devient malade pendant la période de confinement, une évaluation vétérinaire est recommandée. Si le vétérinaire soupçonne la rage, l’animal doit être euthanasié de manière humanitaire, et Santé publique Ottawa (SPO) coordonne les analyses de dépistage de la rage — les résultats sont généralement disponibles dans les 72 heures suivant la réception de l’échantillon au laboratoire. SPO communiquera avec le vétérinaire, le patient et le professionnel de la santé afin d’évaluer le risque et d’appuyer la prise de décision concernant la PPE. |
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Renseignements à l’intention des patients |
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La rage, Santé publique Ottawa |
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Ressources à l’intention des médecins |
Renseignements généraux sur la rageVaccin contre la rage : Guide canadien d’immunisation : Administration du vaccin, Agence de la santé publique du Canada Protocole de prévention et de contrôle de la rage, 2023, ministère de la Santé Guide rapide sur l’administration des immunoglobulines antirabiques (RIg) et des vaccins antirabiques (PDF – 441 KB), Santé publique Ottawa Article court : « Is injecting a finger with rabies immunoglobulin dangerous? », American Journal of Tropical Medicine and Hygiene (en anglais seulement) Comment administrer la prophylaxie postexposition contre la rage, Santé publique Ontario Épreuves en laboratoireRabies Serology, Santé publique Ontario (en anglais seulement) Rabies Testing at the CFIA: General Information and Submission Guidelines, Agence canadienne d’inspection des aliments (PDF, en anglais seulement) Maladies à transmission vectorielle et zoonoses, Agence de la santé publique du Canada SignalementSignalement d’une maladie transmissible, Santé publique Ottawa Ressources internationales sur la rage (en anglais seulement)Rabies, U.S. Centers for Disease Control and Prevention (CDC) Rabies Risks in Terrestrial Animals by Country, UK Health Security Agency (UKHSA) Rabies, Organisation mondiale de la santé (OMS) |
Nous joindre
Pour toute question au sujet de la rage, ou pour signaler à Santé publique Ottawa une morsure d’animal ou une possible exposition à la rage, veuillez composer le 613-580-6744 (après avoir sélectionné la langue, faites le « 2 » pour indiquer que vous êtes un professionnel de la santé, puis appuyez deux fois sur « 1 » pour signaler une morsure). En dehors des heures d’ouverture, la fin de semaine et les jours fériés : veuillez composer le 311 et demander à parler à un inspecteur en santé publique.
Le formulaire de signalement de morsure d'animal (pdf - 188 KB)
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