Virus de Powassan

Principaux messages :

  • Le virus de Powassan (POWV, Flaviviridae) est un virus à ARN transmis aux humains particulièrement par la tique Ixodes scapularis (aussi appelée tique à pattes noires ou tique du chevreuil). 
  • Le virus de POWV est l’agent causal d’une maladie neuro-invasive grave où 50 % des survivants présentent des séquelles neurologiques à long terme. 
  • Actuellement, aucun vaccin ni aucun traitement antiviral précis n’est disponible pour prévenir ou traiter les infections du virus de POWV. Réduire au minimum l’exposition aux tiques est la meilleure mesure préventive contre une infection du virus de POWV. 
  • Les cas confirmés ou soupçonnés d'infection au virus de Powassan doivent être déclaré à Santé publique Ottawa conformément à La Loi sur la protection et la promotion de la santé.  
 Introduction

Le virus de Powassan (POWV) a été initialement reconnu en tant qu’agent pathogène humain en 1958 après qu’un garçon soit décédé d’une encéphalite grave à Powassan, Ontario. Le virus de POWV a été isolé à partir de l’autopsie du cerveau (Hermance et coll. 2017). Influencée par les changements climatiques, la maladie de Powassan est une infection émergente transmise par les tiques qui peut être la cause d’une maladie neuroinvasive fatale chez les humains. L’infection survient chez l’humain à la suite d’une morsure par la tique de l’espèce Ixodes, plus précisément la tique Ixodes scapularis (aussi appelée tique du chevreuil ou tique à pattes noires). D’autres espèces Ixodes, comme Ixodes cookei (tique de la marmotte) et Ixodes marxi (tique de l’écureuil) peuvent être porteuses du virus de POWV, mais piquent rarement les humains. Les tiques à pattes noires sont de la même espèce que celles qui transmettent les pathogènes responsables de la maladie de Lyme, la babésiose, et de l’anaplasmose granulocytaire humaine. Des tiques des espèces Ixodes porteuses du virus de POWV ont été détectées au Manitoba, en Ontario et en Nouvelle-Écosse, s’étendant au centre et à l’est du Canada (Bogaty et coll. 2018). 

Réservoir : Les hôtes mammifères du virus de POWV comprennent les rongeurs sauvages (souris, rats, marmottes), les mouffettes, les écureuils roux et les Suisses. La tique devient un vecteur en s’engorgeant sur ces animaux infectés. 

Modes de transmission : Les humains sont infectés après une morsure d’une tique infectée. Le virus peut être transmis de la tique en aussi peu de temps que 15 minutes de fixation conformément à un modèle de souris (Ebel et coll. 2004). Les gens sont considérés « hôtes de fin de course » puisqu’ils ne peuvent générer de niveaux suffisamment élevés du virus dans leur sang pour infecter les tiques lors de la morsure. Il n’y a pas de transmission d’une personne à une autre. La transmission par transfusion sanguine d’un humain infecté peut se produire rarement; les dons de sang et de moelle osseuse doivent être reportés de 120 jours après une infection. 

Tiques à pattes noires à différents stades d'engorgement

Voici trois nymphes de tique à pattes noires à différents stades d'engorgement.

Tick nymphs

Cette figure montre cinq tiques à pattes noires femelles à différents stades d'engorgement.

5 female blacklegged ticks in different stages of feeding

Pour des photos supplémentaires illustrant des tiques à pattes noires à différents stades d'engorgement, visitez : http://www.tickencounter.org/tick_identification/tick_growth_comparison (en anglais seulement).

Épidémiologie locale 
On a constaté des cas de la maladie de Powassan à Ottawa, mais à une incidence inférieure à 1 pour 100 000 habitants par année, ce qui signifie que le risque de la maladie est faible. Les changements climatiques ont augmenté la distribution et la densité des tiques responsables de la transmission du virus de POWV. Des tiques infectées par le virus ont été recensées à Ottawa et les régions avoisinantes utilisées pour des activités récréatives extérieures. Une étude de surveillance des tiques (le Rapport de surveillance sentinelle de la maladie de Lyne au Canada, 2019) a recensé des régions où le virus de POWV a été décelé dans des tiques capturées. Les cas chez les humains se produisent principalement à la fin du printemps, au début de l’été et au milieu de l’automne, atteignant un sommet de juin à septembre (Points saillants sur la maladie du CCNMI).
Signes et symptômes
De nombreuses personnes présentent des symptômes s’apparentant à ceux de la grippe ou demeurent asymptomatiques. Les symptômes apparaissent de 1 à 5 semaines après la morsure d’une tique infectée et peuvent comprendre fièvre légère, maux de tête, vomissements, faiblesse. Les infections graves peuvent aller jusqu’à des manifestations neurologiques comme de la confusion grave, des tremblements, des crises épileptiques, de la paralysie et le coma, à la suite d’une forte fièvre. Le virus de POWV peut entraîner une encéphalite (inflammation du cerveau) et une méningite (inflammation des membranes qui recouvrent le cerveau et la moelle épinière). Les éruptions cutanées sont très rares à moins qu’il y ait co-infection par la maladie de Lyme; cependant, certains cas s’accompagnent d’une légère éruption maculaire érythémateuse. Environ 50 % des personnes qui survivent à la maladie présentent des symptômes neurologiques permanents comme des céphalées récurrentes, de la perte musculaire, de la paralysie et des problèmes de mémoire. Environ 10 % des cas d’encéphalite dus au virus de POWV sont mortels. 
Diagnostics/Analyse de laboratoire

Le diagnostic préliminaire est fondé sur les signes cliniques et les symptômes conjugués à un risque possible d’exposition provenant d’antécédents récents de voyage dans des secteurs où la tique est endémique. L’évaluation et le diagnostic peuvent être difficiles puisque les symptômes initiaux ne sont pas spécifiques, mais peuvent susciter un fort soupçon si le patient présente une fièvre d’origine inconnue au moment de la haute saison (juin à septembre) après de récentes activités extérieures effectuées dans des secteurs où la tique est endémique. Quand le virus de POWV est soupçonné, une consultation auprès d’un spécialiste des maladies infectieuses est fortement recommandée et un test de dépistage des anticorps au virus ou test PCR doit être effectué le plus tôt possible.

Le diagnostic de la maladie de POWV peut être établi par test du sérum ou du liquide céphalorachidien (LCR). La demande de test doit comprendre tout l’historique pertinent de voyage, les symptômes et leur date d’apparition. Le formulaire de demande générale téléchargeable (en anglais seulement) figure ici : Downloadable Requisition Form

Des directives concernant l’utilisation de tubes séparateurs de sérum (SST) figurent dans le document suivant (en anglais seulement) : Sample Collection Instructions 

Analyse des anticorps

Les laboratoires de Santé publique Ontario peuvent déceler des anticorps lgM et neutralisants spécifiques au virus de Powassan. La sérologie est effectuée au moyen d’un test d’inhibition de l’hémagglutination en vue de détecter les anticorps du virus de Powassan. Des échantillons doivent être conservés entre 2 et 8 oC après le prélèvement et expédiés au laboratoire de Santé publique Ontario sur des blocs réfrigérants. Le délai de traitement peut atteindre 8 jours à partir de la date de réception par le laboratoire de Santé publique Ontario.

Autres analyses

Des analyses moléculaires pour déceler l’ARN viral (p. ex., une transcription inverse – réaction en chaîne par polymérase [RT-PCR]) peuvent être effectuées sur du plasma, du sérum ou des échantillons du liquide céphalorachidien (LCR) qui ont été prélevés plus tôt durant la maladie et, si le résultat est positif, peuvent confirmer une infection. L’analyse moléculaire est effectuée au Laboratoire national de microbiologie et doit être préapprouvée par le microbiologiste du laboratoire de Santé publique Ontario. Des échantillons pour l’analyse moléculaire doivent être congelés et expédiés sur glace sèche. Le délai de traitement peut atteindre 28 jours à partir de la date de réception par le laboratoire de Santé publique Ontario. 

Pour obtenir de plus amples renseignements sur les tests diagnostiques du virus de POWV, consultez le site Web de Santé publique Ontario à l’adresse Powassan Virus Diagnostic Testing

Exigences de déclaration

Conformément à la Loi sur la protection et la promotion de la santé, les cas probables ou confirmés d'infection au virus de Powassan doivent être déclarés à l'autorité locale de santé publique. 

Du lundi au vendredi, de 8 h 30 à 16 h30 : Composez le 613-580-2424, poste 24224 et laissez un message confidentiel détaillé incluant vos coordonnées, ou par télécopieur au 613-580-9640.

En dehors des heures de bureau, la fin de semaine ou les jours fériés : Composez le 3-1-1 et demandez à parler au menbre du personnel de la santé publique de garde.

Pour plus de précisions sur la façon d’effectuer la déclaration, visitez la page Signalement d’une maladie transmissible.  

Gestion

À l’heure actuelle, aucune thérapie précise n’est disponible pour traiter les infections au virus de POWV. La gestion des symptômes est le pivot du traitement; les soins de soutien pour les maladies graves peuvent comprendre l’hospitalisation, de l’assistance respiratoire et des solutions intraveineuses. 

Déterminer le risque d'exposition lorsqu'un patient a été exposé à des tiques dans une autre circonscription sanitaire :

Santé publique Ontario propose une carte des zones à risque qui indique les endroits où la présence de tiques Ixodes scapularis a été détectée. Pour voir la carte la plus récente, aller sur la page Web, Maladie de Lyme, et sous « Type de ressource », cliquer sur « Rapport de surveillance » puis chercher l’année la plus récente. 

Veuillez consulter les sites Web des bureaux de santé concernés pour connaître leurs recommandations actuelles concernant l’exposition aux tiques. Une liste des bureaux de santé publique de l’Ontario se trouve sur le site Web du ministère de la Santé et des Soins de longue durée. 

L’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) publie une carte des zones à risque pour le Québec à : https://www.inspq.qc.ca/zoonoses/maladie-de-lyme 

Consultez le site Web de Santé Canada pour voir les endroits au Canada où il y a un risque d'entrer en contact avec des tiques qui transmettent le virus de Powassan.

Retirer et identifier les tiques :

  1. Si un patient se présente avec la tique accrochée : saisir la tique là où elle est accrochée à la peau à l’aide de pinces fines. 
  2. Retirer la tique d’un coup, lentement et fermement. Éviter de remuer ou de tourner la tique, car cela risque de détacher l’abdomen des parties buccales de la tique. Éviter de comprimer l’abdomen de la tique. 
  3. Désinfecter le site d’alimentation après le retrait de la tique. 

comment saisir la tique

4. Identification de la tique :

a) Programme révisé de surveillance des tiques (en date du 20 septembre 2021) 

  1. Santé publique Ontario continuera d'accepter, aux fins d'identification, les tiques provenant de membres du public par l'entremise des fournisseurs de soins de santé. Santé publique Ottawa n’accepte pas les tiques à des fins d’identification. Les résultats d’identification des tiques seront communiqués aux personnes qui auront soumis les tiques. Il pourrait falloir jusqu’à trois semaines pour recevoir les résultats d’identification du laboratoire de Santé publique Ontario pendant la haute saison. La plateforme en ligne (etick.ca/fr) peut être une option de rechange si on désire obtenir un résultat plus rapidement. 
  2. Santé publique Ontario n'enverra plus de tiques à pattes noires au Laboratoire national de microbiologie (LNM) pour des tests de détection d'agents pathogènes (sauf dans de rares cas, sur demande spéciale après consultation du personnel du LNM). En raison de ce changement, les gens qui soumettent des tiques ne recevront plus les résultats sur la présence d'agents pathogènes provenant des tiques soumises. 

b) Utilisez la plateforme électronique de l’Université Bishop (eTick.ca) : n’importe qui peut soumettre la photo d’une tique et recevoir des résultats d’identification de l’espèce en 48 heures, accompagnés de messages d’information et de sensibilisation en matière de santé publique. 

c) Essayez d’identifier la tique vous-même en vous servant du guide d’identification du TickEncounter Resource Center de l’Université du Rhode Island (https://tickencounter.org/). 

Prévention

Aucun vaccin n’est disponible pour prévenir les infections du virus de POWV. Réduire au minimum l’exposition aux tiques est la meilleure mesure de prévention contre l’infection du virus de POWV. On conseille aux patients d’adopter les pratiques suivantes : 

  • Appliquer un insectifuge approuvé par Santé Canada contenant du DEET ou de l’icaridine sur la peau exposée, les vêtements et les équipements. 

  • Porter des vêtements de couleur claire couvrant tout le corps avec des pantalons longs, des chaussures et des chaussettes. 

  • Rentrer le bas des pantalons dans les chaussettes. 

  • Éviter les zones de buissons, d’herbes hautes et de feuilles mortes et, si possible, marcher au centre des sentiers. 

  • Inspecter toute la surface de la peau (ainsi que celle des enfants et des animaux domestiques, le cas échéant) pour vérifier la présence de tiques. Les tiques s'accrochent souvent à des endroits comme entre les orteils, derrière les genoux, sur l'aine, sur les aisselles et sur le cuir chevelu. 

Rôle de la santé publique

Les cas confirmés ou soupçonnés d'infection au virus de Powassan doivent être déclarés à Santé publique Ottawa conformément à la Loi sur la protection et la promotion de la santé.

Pour les définitions de cas de surveillance provinciale et les directives propres à chaque maladie pour la gestion de la santé publique du virus Powassan, veuillez consulter l'Annexe 1 - Définitions de cas et information propre à chaque maladie du ministère de la Santé de l'Ontario.

Pour plus de précisions sur la façon d'effectuer la déclaration, visitez la page Signalement d'une maladie transmissible

La santé publique reçoit des rapports sur « l’encéphalite virale primaire » (voir la section « Exigences de déclaration »et suivre le lien). 

Renseignements pour les patients
Ressources à l’intention des médecins
Analyses de laboratoire 
  • Lab Requisition form (PDF – en anglais seulement), Santé publique Ontario 

  • Exigences de laboratoire en matière d’échantillons - Sample Collection Information (en anglais seulement), Santé publique Ontario. 

  • Santé publique Ontario continuera d'accepter, aux fins d'identification, les tiques provenant de membres du public par l'entremise des fournisseurs de soins de santé. Santé publique Ottawa n’accepte pas les tiques à des fins d’identification. 
  • Sommaire : Les espèces de tiques en Ontario (en anglais seulement), Santé publique Ontario.  Ce rapport rassemble dans une seule ressource la littérature scientifique et les données de surveillance concernant les tiques de l'Ontario.  Découvrez les espèces de tiques signalées en Ontario au cours des 120 dernières années et obtenez des renseignements sur leur répartition, leur établissement et leur importance sur le plan médical et vétérinaire. 

Généralités

Communiquez avec nous 

Du lundi au vendredi de 8 h 30 à 16 h 30 : Composez le 613-580-2424, poste 24224, choisissez la langue de votre choix en appuyant sur le 1 ou sur le 2 et laissez un message confidentiel détaillé ainsi que vos coordonnées.

En dehors des heures d'ouverture, les fins de semaine et les jours fériés : Composez le 3-1-1 et demandez à parler au membre du personnel de Santé publique Ottawa de garde. Pour que votre appel soit traité en priorité en tant que fournisseur de soins de santé, il faut vous identifier et préciser la raison de votre appel.

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