Temps D’EN parler : la santé liée à la consommation de substances

Dernière mise à jour : le 4 mai 2022

De nombreuses personnes consomment des substances. 

La plupart des Canadiens consommeront une substance quelconque au cours de leur vie.

Tout comme la santé physique ou mentale, la santé liée à la consommation de substances peut varier d’un jour à l’autre au gré des circonstances. Les gens composent de manières différentes avec les facteurs de stress et les difficultés. En périodes de stress accru, certaines personnes peuvent se mettre à consommer davantage ou se retrouver aux prises avec des problèmes de consommation de substances.

Les dépendances et les troubles liés à la consommation de substances sont des problèmes de santé chroniques qui se traitent. Il ne s’agit pas d’une faiblesse morale et certainement pas d’un choix. 

Les traitements et les mesures préventives des troubles liés à la consommation de substances sont efficaces.

Malheureusement, la stigmatisation est un des principaux obstacles qui empêchent les personnes qui ont des difficultés avec leur consommation de substances de demander de l’aide ou des soins de santé, ou même tout simplement d’en parler aux personnes de leur entourage. 

Spectre de la santé liée à la consommation de substances

Le spectre de la santé liée à la consommation de substances a été élaboré dans le cadre d’un partenariat entre Santé publique Ottawa (SPO) et l’Association communautaire d’entraide par les pairs contre les addictions (ACEPA) en tant qu’outil pour aider toute personne à discuter de sa santé liée à la consommation de substances. Ce spectre pourrait évoluer au cours des prochaines années afin de tenir compte des renseignements nouveaux issus de la recherche dans ce domaine.

Le spectre comprend les stades de aucune consommation, de la consommation de substances et de l’apparition d’un trouble lié à la consommation de substances. Il est fondé sur les données probantes sur les dépendances et la consommation de substances dont nous disposons à l’heure actuelle. Toutefois, le spectre n’est pas linéaire; il ne doit pas être vu comme un processus dans lequel une personne passe d’un stade à l’autre. Il présente simplement différentes options. Il est possible de se situer dans différentes catégories du spectre à tout moment. Il est conçu pour inclure tout le monde, autant les personnes qui consomment des substances que celles qui n’en consomment pas. N’importe qui devrait être en mesure de se situer dans le spectre, à n’importe quel moment.

Le spectre de la santé liée à la consommation de substances

Veuillez utiliser la citation suivante pour référence (bilingue) : Ottawa Public Health & Community Addictions Peer Support Association. (2021). Spectrum of Substance Use Health. Ottawa Public Health 2019-2022 Strategic Plan.

Élaboré dans le cadre d’un partenariat entre SPO et l’ACEPA, le spectre de la santé liée à la consommation de substances est un outil visant à aider toute personne à discuter de sa santé liée à la consommation de substances. 

Absence de consommation
  • Une personne peut vouloir ne pas consommer de substances pour plusieurs raisons (p. ex. considérations culturelles, entraînement sportif).
  • Une des choses que nous pouvons faire est d’agir en alliés de cette personne et de ne pas la mettre mal à l’aise si elle choisit de ne pas consommer. Il peut être très difficile pour certaines personnes de dire non et d’exprimer leur refus, et lorsqu’elles le font, nous pouvons les soutenir :
    • en respectant leurs choix;
    • en évitant de faire des commentaires ou de poser des questions;
    • en prenant leur parti si quelqu’un les questionne ou les importune.
  • Nous encourageons toute personne à envisager des façons de dire non qui lui semblent authentiques et à les mettre en pratique.
    • Voici des exemples de techniques pour exprimer son refus :
      • Dire « non merci » clairement et avec assurance – simple et efficace, la technique du « non merci » sans chercher à argumenter et à se justifier est souvent la meilleure et la plus facile des réponses.
      • Changer de sujet ou suggérer une autre activité – en proposant une autre activité, vous offrez également aux autres une porte de sortie. Vous pourriez être surpris de voir combien de personnes se joindront à vous.
      • Utiliser l’humour ou faire une blague – parfois, un brillant jeu de mots ou une blague bien placée permettent de détendre l’atmosphère et de détourner l’attention.
      • Trouver une excuse ou une raison de refuser de consommer. Parfois, la justification du refus avec des faits peut donner plus de poids à votre réponse (p. ex. vous pourriez invoquer un problème de santé ou dire que la consommation risque de nuire à votre entraînement sportif).
      • Se retirer – si tout le reste échoue (et si vous pouvez le faire en toute sécurité), retirez‑vous de la situation qui vous rend mal à l’aise.
  • Particulièrement utile pour ceux qui mettent en pratique des façons de dire non, BreakingFreeOnline est un outil de consultation en ligne offert gratuitement à tous les Ontariens et Ontariennes. 
  • Si vous cherchez des conseils pour discuter avec les jeunes des façons de dire non, voici une autre ressource excellente : Connexions Jeunesse Ottawa.
Consommation bénéfique de substances
  • La consommation bénéfique de substances produit des résultats positifs sur la santé ou sur la vie sociale. Par exemple :
    • la prise de médicaments sur ordonnance ou en vente libre, selon les directives, pour le traitement de la douleur;
    • l’usage symbolique de substances pendant les services religieux ou les cérémonies spirituelles.
  • La consommation bénéfique de substances comporte d’importantes considérations (p. ex. la conservation et l’élimination de la substance en toute sécurité, sa manipulation de manière adéquate, ses effets secondaires potentiels).
  • Le site Web « Sécurisez vos médicaments » de SPO contient de l’information sur la conservation des médicaments en lieu sûr et sur les endroits où retourner les médicaments inutilisés ou expirés.
Consommation de substances à faible risque
  • Il existe des façons de consommer qui diminuent les risques de conséquences sur la santé et sur le plan social. 
  • Toutefois, la consommation à faible risque n’est pas sans risque; en effet, il y a des risques associés à la consommation d’une substance, peu importe la quantité.
  • Même en quantité modérée, les substances peuvent avoir des répercussions sur notre santé et notre bien‑être.
Problèmes liés à la consommation de substances
  • Des problèmes peuvent survenir lors de la consommation d’une substance; toutefois, les gens ne choisissent pas de consommer des substances d’une manière problématique, mais ils commencent plutôt à remarquer des problèmes liés à leur consommation de substances. En voici des exemples :
    • se blesser involontairement ou blesser d’autres personnes en étant sous l’influence d’une substance;
    • la consommation d’une substance entrave la capacité d’un parent à répondre aux besoins de son enfant.
Trouble lié à la consommation de substances
  • Les troubles liés à la consommation de substances sont des problèmes de santé chroniques qui se traitent. Il ne s’agit pas d’une faiblesse morale et certainement pas d’un choix. 
  • Comme pour d’autres problèmes de santé, un grand nombre de facteurs sociaux et sanitaires complexes contribuent à l’apparition de troubles liés à la consommation de substances.
  • On a tendance à ignorer le fait que les traitements et les mesures préventives des troubles liés à la consommation de substances sont efficaces. Ils le sont généralement autant que les traitements d’autres maladies chroniques.
  • On peut guérir des troubles liés à la consommation de substances! L’espoir et la compassion contribuent grandement à soutenir les personnes qui en souffrent.
  • Pour obtenir de plus amples renseignements sur les ressources de soutien offertes dans notre communauté : Liste des ressources sur la santé mentale et la consommation de substances.
Dépendance
  • La dépendance est un problème de santé complexe qui a des conséquences sur le circuit cérébral, ce qui entraîne une altération du fonctionnement des circuits de la récompense, de la motivation, du stress et des fonctions vitales d’une personne.
  • Les dépendances peuvent être associées à certains comportements (comme le jeu), tandis que les troubles de consommation concernent précisément les substances.
  • Les dépendances sont caractérisées par les quatres « C » : 
    • consommation Compulsive;
    • continuer malgré les Conséquences néfastes;
    • sentiment de Carence;
    • sentiment de perte de Contrôle.
  • Si jamais l’un ou l’autre des quatres C semble correspondre à un aspect particulier de votre vie, sachez que c’est un signe de force de demander de l’aide ou de parler à votre fournisseur de soins de santé.

Mieux être et rétablissement

  • L’accroissement du mieux‑être et le rétablissement sont possibles à n’importe quel stade du spectre.
  • Le rétablissement consiste à donner à une personne les moyens de mener une vie épanouie, peu importe sa maladie ou son état de santé. Cela ne signifie pas dire que la personne est « guérie »; ce terme laisse entendre que le problème n’existe plus ou qu’il n’affecte plus la vie de la personne. Le rétablissement est une décision prise au quotidien, le parcours de toute une vie, étant donné la nature chronique des troubles liés à la consommation de substances.
  • Le mieux‑être consiste à accroître le bien‑être d’une personne en comblant un besoin qu’elle estime avoir à un moment donné, quel qu’il soit. Le mieux-être est subjectif. Il consiste à répondre aux besoins des gens, peu importe la nature de leur consommation.

Conseils pour parler à quelqu’un au sujet de l’utilisation de substances

Conseils pour parler à quelqu’un au sujet de l’utilisation de substances - PDF téléchargeable - 293 KB. 

Nous connaissons tous la santé liée à la consommation de substances. Mais les défis liés à la consommation de substances peuvent être difficiles à aborder. Notre relation aux substances peut changer au fil du temps. Il est influencé par notre biologie, notre environnement, notre stress et nos expériences de vie. Ces changements peuvent se produire rapidement ou graduellement, ce qui peut les rendre difficiles à remarquer en nous-mêmes. Les quatre « C » de la dépendance sont un très bon outil de réflexion pour quiconque se questionne sur sa relation avec les substances. Mais peut-être que vous vous inquiétez pour quelqu'un d'autre (un ami, un membre de la famille, un collègue) et que vous ne sachiez pas quoi faire. Cela est parfaitement normal. La plupart d’entre nous ne savent pas quoi dire quand nous faisons face à de nouvelles situations.

Si vous envisagez de parler à quelqu'un de sa santé liée à la consommation de substances, voici quelques conseils qui pourraient vous aider :

Conseil 1 : Faites le point sur vous-même

Réfléchissez à vos propres sentiments, préoccupations et expériences. Mettez-vous à la place de l’autre personne. Comment vous sentiriez-vous si vous receviez cette information? Cela peut vous aider à décider de la meilleure approche (c.-à-d. parler face à face, écrire une lettre, parler par téléphone, envoyer un message texte ou un courriel).

« À quel point suis-je prêt à tenir cette conversation? Comment puis-je me préparer? Quels sont la meilleure façon, le meilleur endroit et le meilleur moment? »

Conseil 2 : Choisissez un endroit calme où les deux personnes peuvent se sentir en sécurité et à l’aise

Évitez les moments ou les endroits où vous pourriez ressentir du stress ou ne pas avoir d’intimité.

« Je me demandais si je pouvais te parler de quelque chose qui me tient beaucoup à coeur. Ce moment te convient-il? »

Conseil 3 : Parlez gentiment
Parfois, nos paroles peuvent humilier l’autre et lui faire sentir qu’il ou qu’elle ne mérite pas d’être aidé(e). Utilisez un langage qui respecte la valeur et la dignité des personnes comme le langage axé sur la personne.
Conseil 4 : Dites ce que vous remarquez sans porter de jugement
« Je sais que les choses n’ont pas été faciles ces derniers temps, j’ai remarqué… » (dites ce que vous avez vu ou remarqué).
Conseil 5 : Montrez que vous vous en souciez
« Je me soucie de toi. Je me demandais si tu voulais parler de ta situation, et de la façon dont je pourrais t’accorder mon soutien. »
Conseil 6 : Écoutez
Personne ne veut avoir plus de problèmes dans son quotidien. N’oubliez pas que vous ne serez peut-être pas d’accord avec ce qu’ils diront ou vous n’aimerez peut-être pas ces propos. Adoptez une approche non conflictuelle et empathique. Portez une attention particulière au ton et au volume de votre voix ainsi qu’à votre langage corporel. Écoutez ses raisons, ses sentiments et ce qu’il ou elle a subi. Essayez également de rester dans le moment présent.
Conseil 7 : Rappelez-lui à quel point il ou elle est fort(e)
« C’est tout à fait normal de ne pas se sentir bien. Les défis liés à la consommation de substances ne sont pas un choix. Cela ne fait pas de vous une mauvaise personne. Tu es résilient(e) et (énumérez ses forces). Souviens-toi de cette situation où tu (exemples de moments de force). Nous méritons tous de recevoir et d’accepter de l’aide quand nous en avons besoin. »
Conseil 8 : Offrez de l’aide

Offrez de les mettre en lien avec du soutien : AccésSMT s’adresse à toute personne âgée de 16 ans et plus qui recherche des services de santé mentale et/ou de trouble lié à l’utilisation de substances/dépendance. 1appel1clic.ca est disponible pour aider les bébés, les enfants et les jeunes de la naissance à 21 ans et les met en contact, ainsi que leurs familles, avec les bons services de santé mentale et de lutte contre les dépendances. Consultez la Liste des ressources sur la santé mentale et la consommation de substances pour obtenir des soutiens et des services supplémentaires. Si vous remarquez que la personne se sent stressée ou qu’elle exprime qu’elle utilise des substances pour faire face au stress, offrez-lui de l’aider à réfléchir à d’autres façons de se détendre.

« Il y a des soutiens dans notre communauté qui peuvent fournir une aide. Nous pourrions les appeler ensemble, si tu veux? »

« J’ai remarqué que tu te sens stressé(e) ces derniers temps et je me demandais si tu voulais qu’on réfléchisse ensemble à des moyens qui te permettraient de te détendre. »

Conseil 9 : Soyez ouvert à en parler davantage…

Il n’est pas réaliste de s’attendre à ce qu’une seule conversation résolve quoi que ce soit. Faites-lui savoir que vous êtes là pour lui (ou elle).

« Je suis là pour toi. Je veux t’accorder mon soutien. Sache que tu peux me parler n’importe quand… »

Conseil 10 : Soyez gentil et prenez soin de vous
Parlez à quelqu’un en qui vous avez confiance ou avec qui vous pouvez communiquer pour obtenir de l’aide si vous en avez besoin. Il se peut que la personne ne soit pas prête à parler ou à demander de l’aide. Elle peut se mettre en colère ou être sur la défensive. Bien que vous puissiez sentir que cela est difficile, ne vous sentez pas personnellement visé(e). Ne forcez pas les choses. Il n’y a pas de « façon parfaite » de procéder. Les petites étapes sont quand même de véritables étapes. Cette discussion pourrait être un pas vers l’augmentation de son mieux-être.
Ressources

Consultez l’organisme Families for Addiction Recovery pour obtenir d’autres conseils visant à soutenir un proche.

Visitez l’Association communautaire d’entraide par les pairs contre les addictions (ACEPA.ca) pour en savoir plus sur la façon dont la stigmatisation affecte les gens et pour obtenir des ressources liées à la stigmatisation.

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